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Covid: "Se tester est un signe de respect, une preuve d’amour" selon l’infectiologue Enrique Casalino

Invité d’"Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, l’infectiologue Enrique Casalino souligne l’importance des tests Covid avant les retrouvailles en famille pour les fêtes. "Une preuve d’amour", selon le directeur médical de l’hôpital Bichat à Paris.

Des tests, des tests, et encore des tests. Avant de se retrouver pour fêter Noël, les familles sont invitées à se rendre dans les laboratoires et les pharmacies pour être en mesure de se protéger et de s’isoler en cas de contamination par le Covid, surtout depuis l’explosion du variant Omicron en France. Pour l’infectiologue Enrique Casalino, se faire tester est même "une preuve d’amour". "Mes enfants vont se tester, ma femme et moi également, explique le directeur médical de l’hôpital Bichat à Paris dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story. On part du principe que se tester est un signe de respect, d’amour. Protéger les autres, c’est les aimer. C’est une preuve d’amour de se tester et de protéger les gens qu’on aime."

Et en cas de test positif, "il faut être responsable et renoncer à son réveillon" selon Enrique Casalino. "Ce qui ne veut pas dire qu’on ne va pas passer un bon réveillon, assure-t-il. On a aujourd’hui d’autres façons de pouvoir communiquer et partager un moment avec les gens qui nous sont chers." Pour l’infectiologue, être vacciné ne suffit pas pour protéger les siens. "C’est une question de rigueur. Le vaccin, tout seul, protège, réduit probablement le risque d’être contaminé par le variant Delta mais ne l’abolit pas. Avec le variant Omicron, il est encore moins efficace. On peut parfaitement avoir eu les trois doses et pouvoir transmettre la souche Delta ou Omicron. Le vaccin ne suffit pas à garantir que vous n’êtes pas transmetteur. Le seul moyen, c’est le test antigénique. Mais il ne peut pas non plus garantir absolument que vous n’êtes pas contaminant. Donc, dans tous les cas de figure, il faut continuer à respecter le port du masque, la distance, le lavage des mains, l’aération des pièces…"

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Enrique Casalino: "J’ai toujours dit que la vie d’avant, elle avait disparu"

Dans les prochains jours, un test sera peut-être demandé pour accéder à certains lieux et évènements, en plus du vaccin. "Ça me parait raisonnable, confie Enrique Casalino. Avec le nouveau variant, les cartes sont redistribuées. Il est plus immensément plus contagieux, même s’il est probablement moins sévère. Si nous voulons limiter la circulation de ce nouveau variant, il est indispensable qu’on ne se contente pas de dire que nous sommes vaccinés. Pour certaines activités, à hauts risques, dans des endroits fermés, des réunions avec beaucoup de personnes, les grands évènements, certains concerts, etc., il va falloir faire le test. Vaccin et test. C’est un peu comme dire: je roule à 200 km/h sur l’autoroute parce que j’ai l’ABS et des airbags. Ça ne suffit pas. Il faut quand même respecter les limitations de vitesse, les distances de sécurité, être prudent."

Il va désormais falloir convaincre les Français. "Il y a eu des erreurs de communication, estime le directeur médical de l’hôpital Bichat. Ça a été une erreur de communication de dire: vaccinez-vous et on reviendra à la vie d’avant. J’ai toujours dit que la vie d’avant, elle avait disparu. C’est la vie d’aujourd’hui qui doit compter. Il est essentiel de comprendre que nous avons évolué dans les armes avec lesquelles on se bat. D’abord, ça a été la vaccination, et ça reste essentiel. Le port du masque à l’extérieur, je pense que c’est indispensable. Le FFP2 peut avoir un intérêt dans les endroits très confinés. Le nouveau variant est tellement contaminant qu’il suffit de quelques secondes ou quelques minutes à proximité, sans le masque, y compris à l’extérieur s’il n’y a pas de vent par exemple."

LP