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Dans les Alpes-Maritimes, le couvre-feu à 18h n'a eu qu'un effet limité

L'amélioration de la situation sanitaire attendue ne se vérifie pas dans les Alpes-Maritimes. D’après le dernier bilan de l’ARS PACA, le nombre de patients hospitalisés en raison du Covid dans ce département est en hausse, tout comme les réanimations.

Alors que la possibilité d’un troisième confinement est de plus en plus évoquée, l’exécutif dit attendre les derniers chiffres de l’épidémie pour arrêter sa décision. Le gouvernement guette notamment un éventuel effet positif lié au couvre-feu à 18h généralisé sur tout le territoire depuis 10 jours maintenant.

Mais quand est-il des 15 départements dans lesquels ce couvre-feu avancé avait été mis en place dès le 2 janvier? La situation, s'est-elle améliorée?

Avec un taux de saturation des hôpitaux de 97%, Frank Chikli, chef de service imagerie à Cannes, a du mal à voir les effets concrets du couvre-feu.
“On a un plateau ascendant. Il y a une saturation de la réanimation. On devrait observer une inflexion de la courbe, ce qui n’est pas le cas”, indique-t-il.

Ce médecin, aussi adjoint à la ville de Cannes, estime que le couvre-feu n’est pas la solution la plus adaptée.

“Au lieu d’avoir une répartition de cette population entre 16h et 20h on la entre 16h et 18h. Et forcément, la concentration favorise la circulation du virus. C’est de la responsabilité de chacun. Si je n’ai pas besoin de sortir, je n’y vais pas. Ça évitera de s’exposer au virus”, assure-t-il.

Besoin de mesures strictes?

Pour Renaud Ferrier, médecin généraliste à Cannes, le gouvernement doit aller au bout de ses mesures avec des règles strictes pour éviter les débordements.

“Le premier jour des soldes, c’était noir de monde, plus ou moins masqués sans aucun respect des gestes barrières et dans des files d’attentes où ils se retrouveraient à 30 cm les uns des autres. Mixé, l’aspect sanitaire ou commercial semble compliqué et on risque de n’avoir ni l’un ni l’autre”, explique-t-il.

Et pour ce médecin, le gouvernement doit aussi continuer de faire de la pédagogie pour que les mesures ne pas ne soient pas subies, mais plutôt intégrées.

Kelly Vargin avec Guillaume Descours