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Débat sur l'interdiction de la fessée: "Ça ne rend pas l'enfant plus obéissant, au contraire"

Le docteur Gilles Lazimi, coordinateur des campagnes contre les violences éducatives ordinaires, estime que les "violences éducatives" sont totalement contre-productives.

La fessée bientôt interdite par la loi ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, soutient la proposition de loi désirant interdire les "violences éducatives ordinaires" comme la fessée mais aussi la gifle ou le coup de pied aux fesses. Vingt neuf députés de touts bords portent ce texte qui insiste aussi sur l'inefficacité des châtiments corporels.

Aujourd'hui, 87% des enfants subissent quotidiennement des pratiques punitives. Et pourtant, elles seraient à l'origine d'une baisse de l'estime de soi et d'agressivité. Malgré ces chiffres, en France, aujourd'hui, "un droit de correction" est toujours reconnu par la jurisprudence.

"C'est important de ne pas lui faire peur et de ne pas lui faire mal"

Ce que regrette le docteur Gilles Lazimi, coordinateur des campagnes contre les violences éducatives ordinaires. Selon lui, il faut définitivement mettre fin à ces pratiques qui contreviennent au développement des enfants. 

"Est-ce que vous pensez que c'est efficace de frapper un adulte ?", demande-t-il rhétoriquement. "Frapper un enfant n'a pas de sens. Frapper un enfant jeune, car 50% des parents le font avant l'âge de deux ans, ça peut avoir une incidence sur son développement. Donc c'est important de ne pas lui faire peur et de ne pas lui faire mal".

Le praticien estime que c'est même contre-productif pour les parents qui pensent rendre plus obéissants leurs enfants. "On sait que c'est néfaste, que c'est inefficace et que ce ne rend pas plus obéissant un enfant, au contraire", conclut-il.

J.A. avec Mahauld Becker-Granier