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Dehors dans le froid ou dans la voiture... La tristesse de la pause déjeuner sous Covid-19

Les pauses déjeuner du "monde d'avant" manquent à beaucoup de Français.

Les pauses déjeuner sont devenues un casse-tête en ce moment pour beaucoup de salariées avec la fermeture des restaurants. Si la vente de repas à emporter permet de trouver de quoi se restaurer, avec le froid et l'interdiction de s'attabler, la seule option pour certains c'est de manger directement derrière le volant. 

Pour remédier à ce problème, certaines préfectures autorisent des restaurants à ouvrir spécialement pour les salariés d'une entreprise de BTP après la signature d'une convention, comme en Dordogne, Manche, Essonne, Vendée ou Saône-et-Loire, où des conventions déjà en place dans plusieurs dizaines de départements.

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"Quand on mangeait avec les collègues on prenait des décisions"

Pause de midi, parking rempli dans ce fast-food, Mickael avale un burger entre deux rendez-vous professionnels. Manger dans sa voiture, ce commercial a pris l'habitude.

"Avec le froid on a envie de réchauffer les corps, il y a des boulangeries qui font des petits plats chauds c'est sympa, mais sinon c'est fast-food. Pas tous les jours car ce n'est pas bon pour la santé non plus !"

Avec la crise du Covid et la fermeture des restaurant oblige les travailleurs itinérants comme Philippe à se réorganiser.

"C'est sur qu'il y avait beaucoup de choses qui se faisaient à table quand on mangeait avec les collègues, on partageait les sujets, on prenait des décisions. Là c'est plus par téléphone, c'est moins convivial mais on s'adapte. Et on ventile la voiture après parce que ça sent pas très bon !"

Et à force d'utiliser son tableau de bord comme table à manger, Franck a ses petites habitudes.

"Moi je regarde plutôt mes séries sur Netflix ou un petit film avec mon téléphone, ça aide à passer le temps !" 

"Il fallait manger dans la cabane de chantier ou dans le camion"

Face aux contraintes imposé par la fermeture des restaurants, les autorités desserrent légèrement la vis. Les relais routiers par exemple ont le droit d’ouvrir leurs portes depuis novembre. Et maintenant, certains travailleurs du BTP peuvent aussi déjeuner au restaurant.

Pour cela, le gérant doit signer une convention avec une entreprise de construction. Convention validée par la préfecture. A Blangy-sur-Bresle en Normandie, Gaetan Tanqueray peut ainsi accueillir des ouvriers tous les midis.

"Avant d'arriver chez nous il fallait manger dans la cabane de chantier ou dans le camion, avec les températures du moment ce n'était pas terrible. On faisait à emporter mais c'est pas toujours possible de réchauffer. Ils sont heureux de revenir manger au resto."

Et pour vérifier que ceux qui s’attablent appartiennent bien à l’entreprise en question, une carte professionnelle peut-être demandé avant la commande.

Benjamin Pelsy et Victor Joanin (avec J.A.)