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Délit d'entrave numérique à l'IVG: "si on ferme les sites qui donnent de fausses infos, on ferme celui du PS"

L’Assemblée nationale se penche à nouveau sur l’extension du délit d’entrave à l’IVG aux sites internet, ce mardi. Une proposition doit être rédigée avant d'être examinée ce jeudi. Invité de Bourdin Direct, le président du Parti Chrétien-Démocrate, Jean-Frédéric Poisson, a redit son opposition au délit d'entrave numérique, au nom de la liberté d'expression.

Liberté d'expression contre liberté à disposer de son droit. Ce mardi, l'extension du délit d'entrave à l'IVG (Interruption volontaire de grossesse) aux sites internet doit être examiné par une commission mixte paritaire de députés et de sénateurs. Ils doivent réussir à écrire un texte commun avant que cette proposition de loi ne soit débattue ce jeudi à l’Assemblée Nationale. Le gouvernement veut lutter contre les sites Internet qui ne s’affichent pas ouvertement comme opposés à l’avortement, mais dissuadent les femmes de recourir à l’interruption volontaire de grossesse en les culpabilisant.

"C'est une atteinte à la liberté d'expression"

Pour Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines et président du Parti Chrétien-Démocrate, il est hors de question que les parlementaires interdisent ces sites internet. "C'est une atteinte à la liberté d'expression, estime-t-il dans Bourdin Direct. Je considère qu'on a parfaitement le droit en France d'avoir l'opinion qu'on veut sur cette question si difficile et si douloureuse qu'est l'interruption volontaire de grossesse. A partir du moment où on a la liberté d'en penser ce qu'on veut, on a aussi le droit de dire ce qu'on a envie d'en dire, et de donner aux femmes concernées une information la plus complète possible". Un combat ancien pour Jean-Frédéric Poisson, qui avait précédemment déposé un amendement pour supprimer cet article visant à étendre le délit d’entrave à l’IVG aux sites internet.

"Acceptez le débat public !"

Certains de ces sites anti-IVG sont accusés de donner de fausses informations pour dissuader les femmes d'avoir recours à l'avortement. "S'il y a des fausses informations, il y a des procédures judiciaires pour cela, rétorque l'ancien candidat à la primaire de la droite". Pour lui, pas question de fermer ces sites pour autant: "Si vous voulez fermer les sites qui donnent de fausses informations, vous allez commencer par fermer le site du parti socialiste depuis hier soir, ironise Jean-Frédéric Poisson. Vous ne pouvez pas faire ça. S'il y a des gens qui disent des bêtises, il faut que le gouvernement le dise, mais n'interdisez pas (ces sites), acceptez le débat public!"

"La bonne réponse c'est de dire pourquoi ces sites se trompent. Si vous allez sur le site du gouvernement, à aucun moment vous ne trouvez les effets indésirables qui sont liés au recours à l'IVG. Ça c'est un mensonge. Si le gouvernement faisait correctement son métier en matière de santé publique, ces sites n'auraient sans doute pas besoin d'exister", assène le président du Parti Chrétien-Démocrate.
P. Gril avec JJ. Bourdin