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Dentistes épinglés par la Cour des comptes: "Nous sommes les laissés pour compte de la médecine"

La Cour des comptes juge "accablante" la gestion des soins dentaires en France dans un pré-rapport dévoilé mardi. Jacques Le Voyer, vice-président du syndicat UJCD-Union dentaire a dit mercredi sur RMC vouloir lui-aussi en finir avec ce système et réclame que sa profession soit reconsidérée.

Soins trop chers, manque de transparence, désengagement du remboursement public, la Cour des comptes dresse un constat accablant de la gestion des soins dentaires. "Elle a raison sur un certain nombre de choses. Elle dénonce un système pervers dont la profession ne veut plus. On en a marre du système dans lequel on vit", explique mercredi sur RMC Jacques Le Voyer, vice-président du syndicat UJCD-Union dentaire et chirurgien dentiste dans les Yvelines.

"Aujourd'hui est-ce qu'il est normal en France que le premier payeur soit les complémentaires, les mutuelles? C'est pas normal, ça devrait être l'assurance maladie, mais tout le monde s'en fiche", dénonce-t-il.

"Nous ne voulons plus de ce mépris"

La sécurité sociale rembourse actuellement 33% des dépenses buco-dentaires et les mutuelles 39%, le reste est payé par les patients. Une charge qui conduit un Français sur cinq à renoncer aux soins dentaires. Pour Jacques Le Voyer, la sécurité sociale ne joue pas son rôle auprès des dentistes.Il souhaite que sa profession puisse sortir de ce système et soit mieux considérée.

"Est-ce que vous faites une différence entre un médecin qui vous fait une prothèse de hanche et un chirurgien-dentiste qui vous soigne? Nous faisons de la médecine. Nous voulons réintégrer de plein droit le corps médical. Aujourd'hui nous sommes les laissés pour compte de la médecine, nous ne voulons plus de ce mépris", lance le dentiste. 

Un appel à Marisol Tourraine

Dans son rapport, la Cour des comptes note également la progression des dépassements d'honoraires des dentistes qui représente près de la moitié des revenus des dentistes. Pour Jacques Le Voyer, il ne s'agit pas de dépassements d'honoraires mais de "dépassements dentaires" nécessaires en l'état actuel pour permettre aux dentistes de gagner leur vie. "Un chirurgien dentiste quand il va soigner une petite carie, il prend une valeur inférieure au coût de la consultation, alors qu'il réalise un acte médical". L'assurance maladie reconnaît d'ailleurs cette trop faible rémunération des soins de base. 

Alors que se profilent en septembre la négociation des tarifs du secteur, Jacques Le Voyer en appelle à la ministre de la Santé, Marisol Tourraine. "Madame la ministre, faites une feuille de route où vous serez la ministre qui fera la réforme de la chirurgie dentaire. C'est possible, tous les syndicats dentaires y sont prêts", assure-t-il.

C. B