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Des étudiants en médecine formés aux blessures de guerre: "En cas d'attentat, je saurai réagir"

Lors des attentats du 13 novembre, les secours avaient dû faire face à un grand nombre de victimes.

Lors des attentats du 13 novembre, les secours avaient dû faire face à un grand nombre de victimes. - Dominique Faget - AFP

La faculté de médecine de Lyon a mis en place une formation sur la médecine d'extrême urgence après les attentats. Des gestes qui permettront aux futurs médecins de savoir gérer des blessures jusqu'alors rencontrées sur les terrains militaires.

Qui faut-il sauver en premier, comment réagir face à de multiples amputations? Six mois après les attaques de Paris, une vingtaine d'étudiants en médecine à Lyon ont été formés pour réagir face à des victimes d'attentats. De la médecine d'extrême urgence, qui nécessite un enseignement en supplément de la médecine traditionnelle. Désormais, en cas de nouvel attentat, Tanguy saura quoi faire.

"On a appris à poser des garrots, à limiter les hémorragies, des pansements compressifs, à libérer les voies aériennes si jamais c'était bloqué. Des gestes qui peuvent sauver. Je me sens plus prêt, je saurai réagir, quelle est la première chose à faire", explique cet étudiant en médecine.

Camille, a aussi suivi cette formation qui lui a appris à se mettre en situation d'urgence, quitte à devoir faire des choix difficiles pour sauver le plus de vies possibles.

"On nous a dit si le patient est trop grave, vous le laissez, tant pis, on ne peut pas sauver tout le monde. Et du coup on ira plus s'attarder sur quelqu'un qui a des chances de pouvoir survivre, même s'il lui manque un bras, une jambe", indique l'étudiante.

"Prendre en charge ce qui va tuer le plus rapidement"

Des choix difficiles pour un médecin, mais qu'il faut accepter. "C'est vrai que sur le coup on se dit pourquoi pas sauver tout le monde! Mais il faut laisser tomber, même si c'est difficile à accepter. On n'est pas des dieux, on est juste des gens qui sont là pour aider pour la bonne cause", poursuit Camille.

La formation délivrée à la faculté de médecine de Lyon a été imaginée après les attentats de Charlie Hebdo par Charline Pina-Jomir, professeur à l'Université Lyon-1. Pour elle, dans un contexte de menaces d'attentats, il y a un manque dans la médecine traditionnelle.

"Si on se prépare à d'autres attentats sur le sol français, il faut apprendre à prendre en charge ce qui va tuer le plus rapidement, c'est-à-dire l'hémorragie. Là clairement, les formations aux soins de premiers secours ne prennent pas suffisamment en compte ce genre de blessures parce qu'historiquement on n'en avait pas besoin, et maintenant si", constate-t-elle.

Cette formation, aujourd'hui destinée aux futurs professionnels devrait selon elle être étendue au grand public. "Ce sont des gestes d'urgence qu'il faudrait que tout le monde sache faire". Avant le grand public, le ministère de l'Enseignement supérieur, séduit par l'initiative a convaincu d'autres universités françaises de créer une spécialisation "médecine d'urgence".

Carole Blanchard avec Gwenaël Windrestin