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Données médicales piratées de 500.000 Français: "On n'a aucune nouvelle", dénoncent les victimes

Les victimes d'un gigantesque vol de données médicales nous ont contactés à l'adresse rmcpourvous@rmc.fr, restant sans réponse de la justice depuis les faits qui remontent à février 2021.

Leur numéro de sécurité sociale, leur date de naissance, leur groupe sanguin, leur adresse, le nom de leur médecin... Les données médicales de près de 500.000 Français ont été piratées en février 2021. Ces milliers de personnes n'ont pas de nouvelles de la justice à la suite de ce vol de données qui a lieu il y a plus d'un an. Il y avait notamment des dizaines de milliers de patients des laboratoires Océalab, dans le Morbihan, qui étaient concernés, comme Philippe qui s'est confié à RMC.

"Dans le Morbihan, on est à plus de 10.000 plaintes. On n'a aucune nouvelle, on est un peu laissés pour compte, même si on sait que ce n'est pas simple de gérer une affaire comme ça. Ce qu'on attend, c'est qu'on essaye de parler de notre affaire un peu plus. Qu'on essaye de rassurer aussi le maximum de personnes piratées. Ils aimeraient savoir ce qu'il advient de cette plainte. Il faut qu'on se penche sur ce problème."

"On veut choper les méchants", assurent les enquêteurs

Il y a quelques jours, l'éditeur du logiciel de données des laboratoires a écopé d'une grosse amende d'1.5 million d'euros de la part de la CNIL. Le groupe Dedalus se serait rendu coupable de "nombreux manquements en matière de sécurité". Une satisfaction pour les victimes mais ce qu'elles veulent surtout, c'est que la justice trouve les pirates, ceux qui se sont emparés de leurs données.

Sandrine fait aussi partie des victimes. On lui a volé tous ses mots de passe et elle s'est retrouvée à découvert avec des milliers d'euros dans la nature. Encore aujourd'hui, ça a des conséquences très concrètes pour elle.

"On reçoit plein de messages suspects, des coups de fils... C'est à la limite du harcèlement. C'est de la fatigue physique et morale. Nous ne sommes pas plus entourés que ça. La gendarmerie n'a pas de suspect. Si ça se trouve, ils ne sont même pas en France. Donc il est possible que notre plainte soit oubliée. On se sent seuls."

Nous avons posé la question aux enquêteurs, qui assurent que l'enquête se poursuit. Mais impossible d'en savoir plus pour le bien de l'enquête, nous a indiqué une source proche du dossier au Tribunal judiciaire de Paris. "On a envie de choper les méchants. On est sur l'affaire": c'est ce que nous a confié cet enquêteur.

Marie Dupin avec Anne-Lyvia Tollinchi (édité par J.A.)