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"Dupin Quotidien": le succès des rendez-vous médicaux en ligne

Un tiers des Français ont adopté cette pratique en 2017, d'après le baromètre de la santé numérique. Mais si celle-ci est plébiscitée par les Français, les praticiens, eux, rechignent à l'adopter. Seul un médecin sur dix s'équipe de prise de rendez-vous sur internet. Quelles en sont les raisons? Quid de la sécurité des données personnelles des patients?

Les patients sont de plus en plus adeptes aux prises de rendez-vous médical sur internet. Un tiers des Français ont adopté cette pratique en 2017 d'après le baromètre de la santé numérique.

Une cinquantaine de portails, dont Doctolib et MonDocteur.fr, surfent sur cette nouvelle pratique. Mais si celle-ci est plébiscitée par les Français, les praticiens, eux, rechignent à l'adopter. Seul un médecin sur dix s'équipe de prise de rendez-vous sur internet.

Un tiers des Français a déjà pris un rendez-vous médical sur internet l'an dernier d'après le Baromètre de la Santé numérique. On compte aujourd'hui une cinquantaine de plateformes permettant de prendre rendez-vous avec un médecin. Mais le marché est dominé par deux acteurs, Doctolib et MonDocteur. Doctolib par exemple, se targue de réunir 15 millions de visiteurs uniques chaque mois sur son site et son application. Chez MonDocteur, on recense 2,5 millions de rendez-vous tous les mois.

Des chiffres plus faibles du côté des médecins

Seul un praticien sur dix est aujourd'hui équipé d'un tel service sur Internet. En réalité, les médecins n'ont pas confiance, pas envie de changer leurs habitudes. Ils sont par exemple 40.000 professionnels de santé inscrits sur Doctolib et l'abonnement coûte 109 euros par mois. 

Pourtant le gain de temps est considérable: en temps normal, un praticien consacre 30 à 40% de son temps à l'administratif. Les établissements de santé commencent eux aussi à leur emboîter le pas, comme les hôpitaux de Paris ou le CHU de Nancy, par exemple. 

Une forme de consumérisme médical? 

C'est l'une des craintes des médecins. Quand vous avez accès à beaucoup de praticiens différents sur une seule et même plateforme, vous pouvez être tenté d'aller voir le médecin le plus proche, ou le moins cher, et donc ne pas avoir de réel suivi de votre dossier. C'est particulièrement le cas en Ile-de-France, d'après l'Union régionale des professionnels de santé. La population est plus jeune, n'a pas forcément de médecin traitant et va se rapprocher d'un docteur près du travail ou du domicile, selon son emploi du temps.

Le référencement des médecins pose aussi problème pour certains professionnels: certains médecins pourraient payer pour apparaître un peu plus haut que les autres. C'est hors de question pour les plateformes contactées: l'ordre d'apparition des médecins est aléatoire et change plusieurs fois par jour. 

Quid de la sécurisation des données de santé?

C'est l'un des points noirs de ce système. Les plateformes doivent stocker les données personnelles des patients sur des serveurs agréés. Sur les 15 sites de prise de rendez-vous médicaux observés par l'URPS, sept ne respectent pas cette condition de sécurité. 

Mi-février, dix plateformes ont ainsi signé la Charte e-RDV de l'URPS Ile-de-France pour protéger les utilisateurs. Parmi elles, Doctolib, MonDocteur, mais aussi Keldoc et Allo Docteur. Les Pages Jaunes doivent la signer bientôt. Au coeur de cette charte, le respect de la déontologie médicale, la confidentialité des données et le secret médical. Chaque plateforme signataire s’engage à respecter les exigences fondamentales de sécurité et de fiabilité pour protéger les données de santé collectées par leurs services en ligne. Elles doivent d'ailleurs héberger ces données auprès de serveurs agréés. 

Anaïs Bouitcha et X.A