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"Dupin Quotidien": les Français achètent de moins en moins de produits d'hygiène

Lundi dans sa chronique Dupin Quotidien, Marie Dupin revient sur ces chiffres surprenants: moins de savon, moins de shampoing, moins de maquillage... Les Français achètent de moins en moins de produits d'hygiène.

Les Français achètent de moins en moins de produits d'hygiène. C'est effectivement ce qui ressort du bilan 2017 des ventes de produits d’hygiène réalisé par le cabinet spécialisé Kantar.

L'an dernier les ventes ont reculé de plus de 2% dans les rayons de produits d’hygiène. Certains produits sont particulièrement concernés par la baisse… Pour les déodorants par exemple, elle atteint 5,5% Quant aux produits liés au rasage, ils plongent de plus de 6%. On a aussi un recul de plus de 5% des mascaras et des rouges à lèvres. Bref on se rase moins, on se maquille moins, et même on se lave moins. En tout cas, on achète moins de produits différents et en plus petite quantité à chaque fois.

Est-ce qu’on a des éléments d’explication à cette baisse?

D’abord la méfiance des consommateurs, suite aux campagnes qui alertent contre la présence de substances toxiques et notamment de perturbateurs endocriniens dans ces produits. Régulièrement des enquêtes mettent en cause les crèmes solaires les baumes à lèvres, les shampoings... Résultat: 30% seulement des Français font confiance à l'industrie de la beauté pour mettre des produits sains sur le marché. Ce qui n'est pas beaucoup. Et c'est nettement moins que d'autres pays européens. 

Une question de générations?

Les français vont de plus en plus privilégier les produits naturels ou bio. Et surtout les jeunes. D'ailleurs, les jeunes femmes dépensent beaucoup moins que leurs aînées en produits de beauté du quotidien, et ça va aussi avec un rejet du gaspillage.

On achète moins de produits jetables, moins de rasoirs jetables par exemple. Moins de coton aussi pour se démaquiller qu’on peut remplacer par des disques en tissu, moins de lingettes…Les consommateurs se tournent vers des produits plus naturels et les multinationales essaient de se mettre à la page. L'Oréal par exemple vient d’annoncer "un plan ambitieux pour 2018 sur le bio". Sanex veut déployer une gamme de gels douche et de déodorants, sans parabens, colorants, sans phtalate et phenoxyethanol, un conservateur jugé toxique.

Mais en attendant, les français se tournent vers les réseaux spécialisés dans le bio et les marques de cosmétique fait maison. C’est là qu’est la croissance dans le secteur aujourd'hui.

Marie Dupin