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Hausse du prix du tabac: "Depuis deux ans, j’ai perdu plus d’un million de chiffre d’affaire"

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Au 1er mars, le paquet augmentera de 1 euro 10, soit la plus forte hausse depuis 15 ans. Un changement qui devrait faire plonger les ventes de tabac de 10 à 20%.

Comment faire face à la future hausse du prix du tabac? La confédération des buralistes, l'Etat, la Française des Jeux et Logista, le distributeur intermédiaire entre les industriels du tabac et les buralistes, ont signé trois accords ce vendredi 2 février.

L'Etat va créer un fonds doté de 20 millions d'euros par an sur 2018-2021 pour financer la transformation des bureaux de tabac, la FDJ va augmenter la rémunération des détaillants sur les jeux de grattage et de tirage et enfin, Logista permettra aux buralistes d'alléger leur trésorerie en augmentant les délais de paiements.

"Nous devons être le drugstore de demain"

Pour Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, malgré la signature de ces accords, il va falloir que les buralistes accélèrent leur diversification afin de pouvoir survivre face aux politiques publiques anti-tabac.

"Le candidat Macron l’avait dit donc acte. Je ne suis pas forcément satisfait de cette hausse avec un paquet à 10 euros à l’horizon 2020 mais dans toutes les difficultés, il y a une opportunité. Nous allons la saisir, avec les 25 000 entrepreneurs. Nous serons toujours des buralistes mais nous allons aussi ouvrir nos commerces à d’autres opportunités notamment le vapotage. Nous devons être le drugstore de demain. Je n’ai pas de liste à vous donner en terme de produits mais nous allons étudier, travailler et regarder plusieurs offres adaptables selon les zones".

Certains buralistes n'ont pas attendu la signature de ces accords pour tenter de se diversifier et donc faire face aux hausses du prix du paquet de cigarettes. Entre 2000 et 2016, le prix du tabac a plus que doublé en France. Mais il n'y a guère de formule magique.

"Je ne viens acheter que des cigarettes, je n'ai pas besoin d'autres produits"

Dans le bureau de tabac de Gérard, dans le 16ème arrondissement de Paris, on trouve de tout, biscuits, boissons, préservatifs, pansements, cartes postales, baumes pour les lèvres. Mais malgré ce large choix, Baptiste est venu pour faire d'autres provisions, "je ne viens acheter que des cigarettes, je n'ai pas besoin d'autres produits."

Et pourtant, Gérard, le propriétaire des lieux, croyait dans la diversification de son activité. "Le tabac ne représente que 55% du chiffre d’affaire. La FDJ, 30% et après c’est les cigarettes électroniques, les cartes prépayées et la téléphonie pour environ 20%".

Malgré ses tentatives pour perdurer, les hausses répétées du prix du tabac ont un effet dévastateur pour ses finances. "Depuis deux ans, j’ai perdu plus d’un million de chiffre d’affaire tabac".

Et en mars, les paquets augmenteront de plus d'un euro en moyenne. Mais Gérard n'attendra pas que le paquet coûte 10 euros en 2020 comme le souhaite le gouvernement, il vient de mettre en vente son commerce. Comme lui, en 10 ans, 6 000 bureaux de tabac ont fermé.

Claire Checcaglini (avec C.P.)