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Empoisonnements à Besançon: "Il ne faut pas que la justice nous laisse tomber", s'inquiètent les victimes

L'anesthésiste Frédéric Péchier a été laissé libre vendredi avec un contrôle judiciaire très strict malgré les charges très lourdes qui pèsent contre lui. Les victimes et familles de victimes sont sous le choc.

Le docteur Frédéric Péchier, anesthésiste à Besançon mis en examen jeudi pour dix-sept nouveaux cas d'empoisonnements présumés de patients, a été laissé libre sous contrôle judiciaire, contrairement à la demande du procureur de la République

Du côté des victimes et des familles de victimes, l'incompréhension et la colère règnent. "Nous sommes déçus de ce qui s'est passé jusqu'à maintenant, au départ on était sept, nous sommes aujourd'hui 24. Et il y a des gens qui ne sont plus là pour se défendre. Nous, on est persuadés que c'est lui qui s'en prend à tout le monde. Il ne faut pas que la justice nous laisse tomber et ne pas mettre 10-15 ans. Sinon je ne verrai pas le bout, il faut que ça s'arrête", estime Jean-Claude, 72 ans qui a fait un arrêt cardiaque lors d'une banale opération de la prostate.

"Cette décision est injuste"

Sandra Simard a fait un arrêt cardiaque sur la table d'opération avant d'être réanimée par le Dr Péchier: "Je suis en colère. Pour nous, cette décision est injuste parce qu'on est des victimes, on vit tous les jours avec un deuil ou des séquelles. Le mis en cause est libre et on ne trouve pas ça normal. Il fait sa vie. Nous avons envie que les victimes soient toutes regroupées pour faire un combat commun".

Frédéric Péchier est accusé pendant cette période d'avoir pratiqué volontairement des surdoses d'anesthésiants qui ont provoqué des arrêts cardiaques lors d’interventions chirurgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans. S'il n'a jamais été pris sur le fait, plusieurs indices "concordants " ont conduit les enquêteurs à le soupçonner : il "apparaît comme le dénominateur commun" de ces empoisonnements selon les procureurs de Besançon.

L'homme de 47 ans a été mis en examen jeudi pour un total de 24 empoisonnements présumés sur des personnes vulnérables, dont neuf mortels entre 2008 et fin 2016.

Gwenaël Windrestin avec Paulina Benavente