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En Ile-de-France, la crainte des soignants: "Je ne sais pas comment on va faire physiquement et psychologiquement"

Face à la vague, en Ile-de-France, les soignants se réorganisent sans cesse pour faire face à l’afflux de patients et craignent les jours à venir.

Avec les moyens du bord, les soignants ont installé des bâches ou des planches en bois pour isoler les patients aux urgences de l’hôpital Henri Mondor. A Saint Antoine, à Paris, ils courent après le matériel de protection, comme le raconte cette infirmière: "C'est très difficile, il faut se battre pour avoir des masques, se battre pour avoir des blouses. Ce matin, j'ai fait deux prélèvements pour les Covid, je n'avais pas assez de matériel, j'ai dû appeler la cadre de garde pour avoir des masques. On a besoin de matériel maintenant, pas demain

"Je pense que d'ici la fin de la semaine, nous serons plein"

Pour avoir le maximum de lits disponibles, dès qu’une personne décède, la chambre est immédiatement préparée pour accueillir un autre patient et peu à peu, tous les services, se transforment en unités Covid-19, explique Brahim, aide-soignant à l’hôpital Beaujon dans les Hauts de Seine: "Je pense que d'ici la fin de la semaine, nous serons plein, après je ne sais pas comment nous ferons. Nous avons ouvert un nouveau service pour accueillir 10 patients dans une ancienne réa. Mais une fois que ces lits seront pris, je ne sais pas comment on va faire physiquement et psychologiquement".

Une fois que des lits sont ouverts, les hôpitaux font face à une autre pénurie, celle du personnel. Malgré les renforts, de nombreux soignants sont rappelés sur leurs congés. 

Caroline Philippe (avec P.B.)