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Et si la France ne se déconfinait pas le 15 décembre comme prévu?

Dans 8 jours, la France est censée se déconfiner si le nombre de nouveaux cas positifs par jour passe sous le seuil de 5000 et si le nombre de patients en réanimation descend sous le seuil de 3000.

Les dernières données de Santé Publique France montrent des chiffres largement supérieurs à l’objectif fixé par le gouvernement. 11.022 nouveaux cas ont été recensés ce dimanche.

Plus du double de l'objectif fixé par le Emmanuel Macron pour lever les mesures de confinement dans 8 jours: 5.000 cas quotidiens et moins de 3.000 patients en réanimation. 

Le 24 novembre, Emmanuel Macron avait déclaré que "le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5.000 contaminations par jour et environ 2.500 à 3.000 personnes en réanimation (...) alors le confinement pourra être levé". "Nous pourrons donc à nouveau nous déplacer, sans autorisation, y compris entre régions, et passer Noël en famille (...) Les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront reprendre leur activité" avec des protocoles sanitaires, avait développé le chef de l'Etat. 

Or le nombre de cas positifs par jour, après avoir atteint un pic à plus de 50.000, voir 60.000 certains jours fin octobre, a certes diminué avec régularité, jusqu'à atteindre 10 à 11.000 cas par jour en moyenne fin novembre. Mais la semaine dernière, la baisse des cas comptabilisés a marqué le pas, en se maintenant autour des 10.000 par jour, selon les données de Santé publique France, soit loin encore de l'objectif fixé.

"La décision sera politique"

A la date du 15 décembre, si ces deux indicateurs passent au vert, les déplacements seront autorisés partout sur le territoire avec tout de même un couvre-feu de 21 heures à 7 heures du matin. C'est uniquement pendant cette tranche horaire que l'attestation devra rester obligatoire. 

Avec deux exceptions: les 24 et 31 décembre pour les réveillons de Noël et du jour de l'An. Le 15 décembre, il est aussi prévu que les musées, les cinémas et les théâtres puissent rouvrir. Les activités extrascolaires comme le sport ou la musique sont également censés reprendre en salle. 

Mais face à des chiffres encore loin de l'objectif du gouvernement, les infectiologues tirent la sonnette d'alarme.

"On est un peu inquiets face au nombre de personnes contaminées. Ça va être très très compliqué d'être en dessous de 5.000 cas quotidiens, voire impossible", a alerté l'infectiologue Karine Lacombe.

"Effet douche froide"

Le chiffre n'était déjà plus évoqué lors de la dernière conférence de presse du premier ministre Jean Castex jeudi dernier. "La décision sera politique", affirme ce lundi matin dans Le Parisien, Simon Cauchemez épidémiologiste, et membre du Conseil Scientifique. 

Une réunion s'est tenue lundi. Et l'exécutif s'est montré pessimiste face à des parlementaires. Selon des participants à cette réunion avec les chefs des groupes parlementaires, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran ont estimé qu'"on ne sera pas à l'objectif au 15 décembre".

"Ce qui a donné la tonalité de la réunion, c'est le 'plateau' des cas de Covid évoqué par Jean Castex", a rapporté Jean-Christophe Lagarde (UDI). Selon lui, le Premier ministre a dit qu'il y "aura des décisions à prendre". Autre participant à cette réunion dans le cadre du Comité de contrôle et de liaison Covid-19, Bertrand Pancher (Libertés et territoires) a senti les membres du gouvernement "inquiets".

Jean-Christophe Lagarde a par ailleurs rapporté que l'exécutif ne prévoyait "pas d'isolement coercitif, qui risquerait de conduire à un évitement des tests". Quant à la question des tests massifs avant et après les fêtes, Olivier "Véran a fait l'effet douche froide car il n'y a pas les moyens humains", selon le président de l'UDI. 

A l’inverse, les données hospitalières sont quant à elles plutôt encourageantes. 3.210 patients sont pris en charge en réanimation un chiffre en légère baisse. 26.262 malades sont actuellement hospitalisés. 

"On voit que tous les jours des gens sortent de réanimation et beaucoup y entrent. Nous pensons donc que cet objectif sera atteint", poursuit Karine Lacombe.
La rédaction de RMC (avec C.P.)