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"Expliquez-nous": ce que l'on sait sur la réouverture des écoles en France et à l'étranger

On a envie de tout comprendre sur la réouverture des écoles. A partir de quand et avec quel calandrier ? Obligatoire ou pas ? Avec ou sans cantines ?.

Nos voisins rouvrent leurs écoles. C’est en cours dans la plus grande partie de l’Europe. Les écoles tchèques sont ouvertes depuis lundi. La Norvège lundi prochain, le 27. L’Allemagne le 4 mai. Les Suisses comme nous le 11. Au Luxembourg ce sera à l’envers. D’abord les universités le 4 mai, puis les lycées, et le 25 mai seulement les primaires. Dans les pays très touchés comme l’Italie et l’Espagne ce n’est pas encore programmé. En Catalogne pas avant septembre.

Mais les premiers à l’avoir fait, ce sont les Danois, mercredi dernier. En commençant comme chez nous par les plus petits. Crèches, maternelles et primaires. La journée commence par un lavage des mains, renouvelé toutes les deux heures. Les enfants sont le plus souvent dehors. Les profs qui font partie d’un groupe à risque ne sont pas obligés de revenir au travail. C’est le cas par exemple de ceux qui sont en surpoids.

Enfin les parents qui veulent garder leurs enfants à la maison peuvent le faire. Et ils y sont même encouragés, pour avoir des classes moins nombreuses.

La France se prépare à une rentrée graduée

En France, la rentrée sera progressive. Le 11 mai, aucun enfant n’ira à l'école. Ce sera la pré-rentré des enseignants. Le 12 mai: rentrée des grandes sections de maternelle, des CP et des CM2. Le lundi suivant le 18, les 6e, les 3e, les premières, les terminales et les ateliers dans les lycées professionnels. Et le lundi suivant le 25 mai, tous les autres.

A condition de ne pas dépasser 15 élèves par classe. Voilà, il faudra donc dédoubler les classes. Et chaque établissement, ou chaque commune s'organise comme il le souhaite.

Un demi-groupe peut être en classe pendant que l’autre est a l'étude, ou bien en activité péri-scolaire si la mairie parvient à l’organiser. Ou bien faire du sport.

L’idée c’est que tous les élèves soient, soit avec un enseignant dans une classe, soit en étude surveillée, soit en train de faire du sport ou de la musique, soit encore à la maison avec un enseignement à distance.

Est-ce que la cantine sera assurée?

La encore, les communes sont autonomes pour s’organiser. On peut élargir les horaires des repas pour qu’il y ait moins d’enfants en même temps. On peut distribuer des sandwichs.

Il y aura de toutes façons deux semaines de rodage puisque dans un premier temps les établissements ne seront pas pleins. Les écoles primaires, on le répète, accueilleront pendant 15 jours uniquement les CP et les CM2. Soit 40% des effectifs de l’école.

Est-ce que l’école est obligatoire ?

Non, c’est l’enseignement qui est obligatoire. Pas la présence à l’école. Les familles qui voudront garder les enfants à la maison, peuvent le faire sans être inquiétés, mais elles devront leur faire suivre un programme d’enseignement à distance, avec leur école. 

Est-ce que les professeurs inquiets peuvent faire valoir un droit de retrait? 

Non, c’est un mot que l’on déteste à l’Education nationale. Mais un enseignant qui fait parti d’un groupe à risque, pourra être remplacé et se consacrer à l’enseignement à distance. On promet de la souplesse.

Quels sont les arguments de ceux qui sont contre cette réouverture ? 

Ils sont faciles à comprendre. C’est la défense du principe de précaution. Depuis le 17 mars on nous dit de ne pas sortir de chez nous, les enfants étaient même souvent interdits d'entrer dans les supermarchés, et d’un seul coup il faut les renvoyer à l’école, jouer ensemble, déjeuner à la cantine.

Les syndicats sont très réservés, Ils demandent plus de précisions sur les mesures sanitaires et ne croient pas que l’on puisse imposer les gestes barrières aux enfants.

Certaines collectivités locales envisagent même de ne pas assurer cette rentrée. Le maire de Lontpellier par exemple qui la juge déraisonnable. Ou bien le président de l’Assemblée corse qui estime que cette décision prise à Paris n’a pas à être imposée aux parents corses.

Il reste du travail à Jean Michel Blanquer s’il veut convaincre tout le monde.

Quels sont les arguments de ceux qui veulent la réouverture des écoles?

Ce sont aussi des arguments forts. D’abord l’école est un vecteur d’égalité. Et le confinement un vecteur d'inégalité. 5 à 8% des enfants ont totalement disparu des radars. Mais dans certain quartiers beaucoup plus. Des retards sont en train de se creuser qui seront impossibles à rattraper si les écoles ne rouvrent pas.

Accueillir les enfants à l’école, c'est aussi les soustraire de situations qui peuvent devenir insupportables. Lorsque les appartements sont trop petits, lorsqu’il y a de violence dans les familles... Lorsqu’il faut retrouver le repas à la cantine qui est le seul vrai repas.

Enfin, il y a l’argument que le pays ne peut pas rester arrêté indéfiniment. Si on attend la disparition du risque et du virus pour reprendre l’école, on peut attendre des mois, ou des années.

Ce qui est certain c’est qu’il y a évidemment une part de risque dans la réouverture des écoles. Mais, il aurait aussi des risques à les maintenir fermées.

Nicolas Poincaré (avec J.A.)