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Faut-il rémunérer les femmes enceintes pour arrêter de fumer?

Près de 500 femmes enceintes bénéficient de ce protocole d'expérimentation à travers une dizaine de villes en France. Explications.

Une initiative qui étonne certains spécialistes de la santé. Une expérimentation est en cours à travers plusieurs grandes villes françaises, comme Brest, Nantes, Paris ou Pau, auprès de 500 femmes enceintes, selon nos confrères de 20 Minutes.

Elles sont suivies au long de leur grossesse et bénéficient d'un protocole d'aide pour arrêter de fumer. L'idée est simple: on va vous "récompenser" si vous arrêter de fumer durant les 9 mois de la grossesse. En Bretagne, par exemple, 28% des femmes fumaient encore au troisième trimestre de leur grossesse malgré les risques connus sur le futur bébé. "Prématurité, fausse couche, hématome du placenta... Et pour la vie future des enfants, des risques d'allergies, d'asthme, d'obésité ou de fumer soi-même" prévient le Pr Philippe Deruelle, gynécologue au CHRU de Lille sur RMC. 

"La moitié des femmes enceintes qui fument arrive à arrêter d'elles-mêmes. Mais la moitié nous n'y arrivons pas. Cette étude est menée depuis deux ans maintenant par une équipe parisienne. On s'appuie sur des expérimentations à l'étranger, dans les pays anglo-saxons, qui sont plus en avance que nous sur ces questions: donner de l'argent aide à arrêter les gens de fumer" plaide-t-il. 

A chaque rendez-vous médical, on mesure le taux de monoxyde de carbone dans les poumons afin de vérifier que les patientes n'ont pas fumé. Si elles ont bien respecté cette obligation, elles se voient alors remettre un "bon cadeau" de 20 euros. 

"Au début, on s’est pris des volées de bois vert par nos sages-femmes et certains médecins" sourit-il. Mais il faut arrêter cette vision d’accusation, on est là pour leur tendre la main. Il faut trouver des solutions pragmatiques pour que ça marche".
Xavier Allain