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Faut-il un tarif minimum pour l'alcool? Ca fait débat sur RMC

Et si demain l'Etat fixait un prix minimum pour le vin pour décourager l'alcoolisme? L'Association nationale de prévention en Alcoologie et Addictologie propose un prix plancher par unité d'alcool. Explications.

Et si demain l'Etat fixait un prix minimum pour le vin pour décourager l'alcoolisme?

L'Association nationale de prévention en Alcoologie et Addictologie propose la mise en place d'un prix fixe par unité d'alcool. Mais comment cela fonctionnerait-il? Concrètement, une unité d'alcool correspond un verre standard de vin ou un demi de bière. L'Etat fixerait donc un "prix plancher", comme, par exemple, 50 centimes d'euros par unité d'alcool. Une bouteille de vin, qui contient 7 verres, ne pourrait ainsi pas être vendue moins de 3,5 euros.

"Si on augmente les prix, ils consommeront moins"

Finies donc les bouteilles à 2 euros achetées par ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent, les jeunes notamment. Et c'est justement l'objectif, selon Bernard Basset, l'un des médecins signataires de cette proposition:

"Ca évite de casser les prix, de faire des promotions. On sait que le prix des produits est un des éléments déterminants pour les gens à faible pouvoir d'achat, comme c'est le cas pour les jeunes. Si on augmente les prix, ils consommeront moins. Une taxe de ce style sur les boissons alcoolisées devraient théoriquement être acceptable par le lobby viticole puisqu'ils défendent la dégustation de vins fins, qui ne sont pas touchés par une telle taxe. Ca ne toucherait que des vins de mauvaise qualité probablement".

"Une première marche vers la prohibition"

Les viticulteurs, pourtant, sont vent-debout face à cette proposition.

"Si cette politique était mise en place, ce serait une politique de restriction du produit! lâche Joël Forgeau, président de Vin et société. Cette idée de prix minimum est une première marche vers la prohibition si c'est appliqué. Donc, non, pour l'instant, ce n'est pas absolument pas discuté ni envisageable. On a absolument pas la possibilité de savoir si ça peut fonctionner ou pas. Il y a aujourd'hui une place pour la consommation responsable en France et on doit mettre en avant une prévention beaucoup plus grandes pour les personnes à risques" conclut-il sur RMC. 

D'autres propositions ont également été faites par l'Association nationale de prévention en Alcologie et addictologie: indiquer le nombre de calories sur la bouteille ou y inscrire "L'alcool est dangereux pour la santé".

L'alcool est responsable de 49.000 morts par an en France, 14 fois plus que les morts sur la route.

Loïc Rivières & X.A