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Fermeture de l'usine Bridgestone à Béthune: les habitants désemparés

Des discussions ont lieu ce lundi pour tenter de trouver une solution face à la volonté de Bridgestone de fermer son usine à Béthune.

Élisabeth Borne en déplacement à Béthune (Pas-de-Calais) ce lundi. La ministre du Travail, accompagée de la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, va rencontrer les élus locaux, les représentants des salariés et la direction Europe de Bridgestone.

Le fabricant de pneus a annoncé mercredi dernier son intention de fermer son usine de Béhune l'année prochaine, un site qui emploie 863 personnes.

Une annonce jugée "brutale" par Agnès Pannier-Runacher qui s'est cependant félicitée dimanche qu'un "accord de méthode" pour trouver dans les 5 prochains mois des "scénarios alternatifs à la fermeture" avait été signé avec la direction du groupe japonais.

"Je pense que tout est fait, que tout est signé"

Un optimisme affiché par le gouvernement que ne partage pas les habitants de Béthune et les salariés. Dans les rues de Béthune règne un pessimisme ambiant. Tout le monde ne parle que de ça.

Olivier travaille dans l’usine depuis 22 ans et n'attend "pas grand chose" des discussions entre le gouvernement et sa direction. "Je pense que tout est fait, que tout est signé et que personne ne reviendra en arrière là-dessus", souffle-t-il.

Salarié de l’usine Bridgestone à Béthune, Alain habite la commune depuis 54 ans et est malheureux. Lui non plus n’attend rien de ces discussions: "Notre maire va sûrement tout essayer, mais le gouvernement je n'y crois pas."

"On ne peut pas maintenir sous respirateur artificiel une usine qui est dépassée"

Le maire de Béthune justement, Olivier Gacquerre, attends ces discussions avec "beaucoup d’enthousiasme". Il est sans doute l’un des seuls à rester optimiste.

"Ce qui est positif pour nous c'est que tout le monde sera là, réunis dans l'unité. Je dis qu'il faut rester sur la volonté commune de garder Bridgestone sur Béthune."

Un objectif qui sera difficile à atteindre selon Jean-Pierre Corniou, consultant sur les problèmes industriels et automobiles.

"L'Etat, confronté à un problème de cette ampleur, ne dispose que de peu de moyens. On ne peut pas maintenir sous respirateur artificiel une usine qui est dépassée"

Il espère que le gouvernement va pousser Bridgestone à mettre la main à la poche pour permettre la transformation industrielle du site.

Bettina de Guglielmo et Florian Chevallay (avec J.A.)