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Gestion de la crise Covid-19:  Agnès Buzyn convoquée devant la Cour de justice de la République pour une possible mise en examen

L'ancienne ministre doit être entendue en vue d'une possible mise en examen.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé qui avait démissionné mi-février 2020 au début de l'épidémie de Covid-19, est convoquée vendredi à la Cour de justice de la République (CJR) à Paris en vue d'une possible mise en examen.

Cette convocation à la CJR, seule juridiction habilitée à juger des ministres dans l'exercice de leur fonction, a lieu dans le cadre de l'enquête menée depuis juillet 2020 sur la manière dont le gouvernement a géré cette épidémie. 

Déjà entendue par l'Assemblée nationale et le Sénat

Novice en politique, cette médecin spécialiste des leucémies et de la greffe de moelle, est inconnue du grand public lorsqu'elle est nommée en mai 2017 au sein du gouvernement d'Edouard Philippe. En janvier dernier, elle avait été nommée "Chargée du suivi des questions multilatérales" à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève.

Devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire, Agnès Buzyn avait indiqué fin juin 2020 avoir alerté l'Elysée et Matignon dès janvier de la même année sur le "danger" potentiel du coronavirus. L'enquête avait été ouverte en juillet 2020 après que la commission des requêtes de la CJR, composée de hauts magistrats, avait estimé que neuf plaintes visant l'exécutif étaient recevables. Depuis, d'autres plaintes ont été jugées recevables et jointes à l'enquête.

La commission d'instruction de la CJR avait été saisie de la seule infraction "d'abstention de combattre un sinistre" mais, d'après Le Monde, Agnès Buzyn est également convoquée vendredi pour une possible mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Mercredi, le procureur général près la Cour de cassation François Molins, qui représente l'accusation à la CJR, a déclaré que "14.500 plaintes" sur la gestion de la pandémie étaient arrivées à la CJR. Des juges d'instruction parisiens mènent en parallèle une enquête portant cette fois sur la gestion de cette crise par l'administration.

La rédaction de RMC (avec AFP)