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Grève dans les hôpitaux: "Dire que les fonctionnaires sont des poids morts, c'est insupportable de mépris"

Plus de 130 manifestations sont prévues ce mardi à travers le pays. Les fonctionnaires sont appelés à faire grève. Et pour la première fois depuis 8 ans, les praticiens hospitaliers se joignent au mouvement.

Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités, les 5,4 millions d'agents du service public devraient se mobiliser en nombre mardi pour protester contre des mesures "inacceptables" du gouvernement, à l'appel de tous leurs syndicats.

Et pour la première fois depuis 2009, les praticiens hospitaliers (PH) se sont joints à l'appel à la grève de la fonction publique. Médecins, pharmaciens et dentistes sont invités à faire grève avec les personnels paramédicaux pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et "l'étranglement financier" de l'hôpital.

RMC s'est rendue à l'hôpital de Saint-Maurice dans le Val-de-Marne, où les médecins hospitaliers sont à bout. Ce matin, le chef de service Renaud Péquignot va faire passer un message simple à ses équipes: "Arrêtez-vous au moins une heure. Soyez comptés comme gréviste. Dites-le. On en veut pas de cette société où les fonctionnaires ne seraient que des poids morts soit disant alors qu'on leur en demande tellement. Et dire qu'ils ne font rien, qu'ils touchent simplement leur salaire. C'est insupportable de mépris".

"Nos salaires sont bloqués depuis 7 ans"

Un mépris qu'il attribue au gouvernement et à sa politique envers les fonctionnaires: "Nos salaires sont bloqués depuis 7 ans. On repart pour une année et peut-être 5. En plus, on a cette augmentation de la CSG, on n'en peut plus", lâche-t-il.

C'est ce ras-le-bol qui a poussé les médecins hospitaliers à se joindre à la grève aux côtés des infirmiers et des aides-soignants. Un soutien rare et très bien accueilli par David François, ergothérapeute et responsable CGT à l'hôpital de Saint-Maurice: "Ca traduit tout simplement que la petite négociation autour d'une table, ça ne marche pas, c'est dans la lutte collective qu'on obtiendra des choses. Plus on est nombreux, plus on a de poids". Conséquence de la grève pour les patients, les opérations non urgentes pourraient être reportées mais les urgences seront assurées.

En désaccord sur les moyens de peser sur les réformes sociales d'Emmanuel Macron, ce qu'a confirmé la réunion de l'intersyndicale lundi soir, les grandes centrales syndicales soutiennent unanimement le mouvement des fonctionnaires.

Benjamin Smadja et Bettina de Guglielmo (avec P.B.)