RMC

Héros de la 2e ligne durant le confinement, le sentiment d'utilité des livreurs reste nuancé

LES HEROS DE LA 2e LIGNE - Cette semaine sur RMC, nous avons décidé de retourner voir "nos héros de la deuxième ligne". Ce jeudi, les livreurs qui ont maintenu un semblant de lien avec les restaurants.

Caissières, routiers, livreurs, agriculteurs, éboueurs, comment vont-ils ? Quel est leur quotidien un an après ? On prend ce jeudi la roue de Jérémie, livreur à vélo à Bordeaux, qui a continué de livrer des repas tout au long de la crise sanitaire.

Les premières semaines de confinement au printemps dernier Jérémie, les résume en une image: "Il n'y avait personne, on avait l'impression que la ville était à nous".

"Emmanuel Macron avait dit qu'on était des héros de la nation donc je me suis senti utile"

Seul au monde, ce livreur, continue alors de pédaler, poussé par sa fierté.

"Emmanuel Macron avait dit qu'on était des héros de la nation donc je me suis senti utile".

Passé l’euphorie des premières livraisons, sa situation précaire le rattrape vite.

"On était inconscient, on en réfléchissait pas. Dans l'attente des annonces il fallait continuer à pédaler pour continuer à payer nos factures. On n'avait pas de chômage, on n'avait rien. Il falait continuer à travailler tout en ayant l'inquiétude de chopper le Covid. On dit que la santé n'a pas de prix, mais nous, si."

"Les relations avec les gens n'ont pas vraiment changé"

Un an après ,tête dans le guidon, il continue d’enfourcher son vélo pour livrer ses repas. Mais il garde l’impression d’être un fantôme, passant comme une ombre entre restaurateurs et clients.

"Les relations avec les gens n'ont pas vraiment changé. Je ne sais pas si on a plus ou moins de pourboires. Je n'ai jamais été félicité. C'est pour ça que le sentiment d'utilité est quand même très nuancé. Après s'ils ne disent pas merci ça ne m'empêchera pas de leur souhaiter bon appétit."

A cela s’ajoute une concurrence accrue dans sa ville alors que les commandes stagnent, le nombre de livreurs, lui, ne cesse d’augmenter.

Mahauld Becker-Granier et Alfred Aurenche (avec J.A.)