RMC

"Il ne faut pas croire que c'est derrière nous": des soignants dépités voyant des confinés se relâcher

Avec les début des vacances scolaires dans deux zones et le beau temps, de nombreux Français se sont autorisés des sorties ces derniers jours. Les soignants préviennent que la situation est toujours tendue dans les hôpitaux.

Les autorités le martèlent depuis le début du week-end, et le directeur général de la santé le premier: "Le pire aujourd’hui, serait qu’il y ait un relâchement, et que dans une semaine, on se retrouve avec plus de malades dans les hôpitaux".

Pourtant ces derniers jours les occasions de sortir, et de ne plus prendre trop au sérieux le confinement sont nombreuses : vacances scolaires de Pâques dans la zone C, grand soleil, et un gouvernement qui commence à évoquer la période de déconfinement.

Depuis jeudi plus de 160.000 forces de l’ordre sont sur le terrain, plus encore que ces derniers jours pour verbaliser ceux qui s'arrangent avec le respect des règles de confinement.

Au bois de Vincennes samedi, on est très très loin de l’affluence qu’aurait pu provoquer le soleil du week-end. Malgré tout, les joggeurs sont nombreux. Et malgré l’interdiction de circuler autour des lacs du bois, quelques papas ont fait une sortie, fatigués du confinement :

"Dans la durée ça commence à être un peu long. On respecte les règles, sauf aujourd'hui, on n'abuse pas plus que cela, avec les enfants on a réussi à faire cinq jours sans sortir."

Une mère et sa fille vont même un peu plus loin: "On s'accorde un petit temps de repos avec un pique-nique improvisé ! Et un peu illégal, je ne sais pas si on a le droit de se poser comme ça sur l'herbe."

"Il ne faut pas croire que c'est derrière nous"

Une maman qui se sent un peu coupable. Petit relâchement, mais il ne faut surtout pas se laisser aller confirme l’urgentiste Christophe Purd’homme.

"Il ne faut pas croire que c'est derrière nous. Même si on pense atteindre le plateau, il y a encore des malades dans la nature. Le virus est partout. Les hôpitaux parisiens ne sont pas en capacité de pouvoir encaisser une augmentation d'activité au niveau des réanimations."

Médecin qui reproche notamment au gouvernement, d’avoir cette semaine commencé à parler du déconfinement, très mauvais message adressé aux Français selon lui.

Thomas Chupin (avec J.A.)