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"Il y a une inégalité de traitement entre la grande distribution et les petits commerces": la colère des maraîchers après les interdictions des marchés

Edouard Philippe a annoncé lundi soir un renforcement des règles de confinement avec notamment la fermeture des marchés dans les villes.

Alors que de plus en plus de soignants appellent l'exécutif à adopter un confinement total, le Premier ministre s'est hier soir contenté d'annoncer un simple durcissement des mesures déjà en vigueur.

Parmi les précisions, la limitation des activités sportives à un kilomètre de son domicile, pendant une heure maximum et surtout, la fermeture des marchés ouverts. Des dérogations pourront être prises par les préfets dans certaines situations particulières. Dans la population, forcément, cette décision ne fait pas l'unanimité.

"Une décision indispensable et presque trop tardive” pour Laurent. Il habite à deux pas d'un grand marché parisien.

“C’est une bonne chose et ça aurait du être fait avant. Pour la promiscuité, les gens ne respectent pas les distances de sécurité. Il y a des choses inadmissibles. Je comprends les commerçants qui vont perdre beaucoup, mais tout le monde perd beaucoup. La santé avant tout”, assure-t-il.

Rachid 54 ans lui n'est pas du tout du même avis. Cet habitué du marché affirme que les règles de distanciation y étaient pourtant bien respectées. “Je ne suis pas d’accord, je ne comprends pas. Ca n’a aucun sens puisque les fruits et les légumes, on les lave. Mais bon s’ils ont décidé ça, on ne peut rien y faire”, indique-t-il. 

D'importantes pertes à prévoir

Bien sûr, les plus en colère, ce sont les maraîchers qui travaillent sur les 8000 marchés français. Nadine Villier représente la fédération nationale des marchés de France.

“Je suis consternée. Ca nous parait complètement injuste comme mesure, cette inégalité de traitement entre la grande distribution et les petits commerces. Il y a énormément de perte. Les producteurs, ils ont ramassé leurs fraises, leurs asperges … Qu’est-ce qu’ils vont en faire ?”, demande-t-elle. 

Des dérogations seront possibles au cas par cas, mais la mairie de Paris par exemple a déjà annoncé qu'elle n'utiliserait aucun marché dans la capitale."

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours