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"J'ai eu les pieds congelés à -133 degrés": le témoignage de Vincent, handicapé après une séance de cryothérapie

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Lors d'une séance de cryothérapie, il a eu les pieds brûlés par de l'azote liquide. Depuis, il ne peut plus ni marcher, ni travailler.

Vincent Leclerq est un habitué de la salle de sports. C'est là qu'il voit une petite annonce pour de la cryothérapie. Curieux, il décide donc de tester une séance de trois minutes avec pour objectif de soulager ses courbatures. 

"On m’avait averti en me disant tu verras ça piquotte, ça fait un drôle d’effet, mais c’est sympa, sur le long terme ça fait du bien. Je m’intègre dans la machine et assez rapidement, j’ai l’impression que ça me brûle au niveau des pieds. Je le dis à la personne qui gère la séance de cryothérapie. Il me demande de montrer mes mains, pour lui les extrémités ne sont pas gelées, donc il dit que c’est normal, qu’on peut continuer. Je trouvais que ça piquottait fort, mais je lui ai fait confiance", explique-t-il. 

Et trois minutes après, à la fin de la séance.

"Je sors, je ne sens plus du tout mes pieds. En fait, l’azote liquide s’était versé directement dans mes bottes. Il y a eu un problème de valve. Je suis resté en contact avec l’azote liquide pendant trois minutes donc à moins 133 degrés Celsius. Donc, là, j’ai les pieds congelés. Pour vous donner une image, c’est des escalopes de poulet qu’on sort du congélateur", explique-t-il. 

18 opérations

Depuis, il ne peut plus marcher, ni travailler. Il a déjà subi 18 opérations en deux ans de soin, mais ne peut toujours pas marcher.

Fabienne Maleysson de l'association de consommateurs UFC que choisir en appelle à une réaction des pouvoirs publics. 

"On a l’impression que c’est quelque chose un peu comme de l’esthétique, ou une petite expérience un peu sympa comme un sauna, mais non. Il y a des procédés dangereux, il faut vraiment faire attention et les autorités de santé devraient être plus présentes sur cette activité qui se développe sans aucun encadrement", indique-t-elle.

Pour l'instant, aucun texte de loi n'interdit l'utilisation de la cryothérapie aux non-professionnels de santé.

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours