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"J'ai l’impression que la maladie va revenir, j'ai peur de tout": avec les rescapés du Covid-19 toujours affaiblis plusieurs mois après

Hospitalisée quatre mois dont 18 dans le coma, Suzanne a vu le Covid-19 toucher également ses deux parents, à leur tour hospitalisés dans d'autres ville plusieurs mois.

Suzanne a été hospitalisée début avril. Elle a passé quatre mois à l'hôpital dont 18 jours dans le coma. Depuis, elle se rend trois fois par semaine dans un centre de rééducation : "Quand je marche je suis essoufflée, mon pied droit est encore endormi. Je fais du vélo, je travaille les muscles pour récupérer ce que j’ai perdu. Rien que de penser à ce que j’ai vécu, je perds mes mots. Psychologiquement le virus fait très mal", témoigne-t-elle au micro de RMC.

Et pour le comprendre il faut la suivre chez elle, raccompagnée en transport médicalisée. Suzanne vit avec son père et sa mère dans un petit appartement à la sortie de la ville où désormais tout est nettoyé en permanence : "Tout ce qui est salle de bains, vaisselle et poignées de porte, je suis tout le temps en train de désinfecter. J’ai l’impression que la maladie va revenir, que je vais être à nouveau contaminée par le virus. On a peur de tout".

"C'est quelque chose de grave et qu’il faut faire attention"

Un traumatisme d’autant plus fort que ses parents eux-aussi sont tombés malades. D’abord son père, puis sa mère intubés et transférés dans d’autres hôpitaux à l’autre bout de la France: "Mon père a été emmené à Brest, ma mère à Toulouse comme moi. Elle est restée dans le coma pendant deux mois et là ça fait six mois en tout qu’elle est hospitalisée".

Et Suzanne attend son retour de pied ferme, ce qui lui permettrait de tourner la page. Au chômage depuis plusieurs années, Suzanne songe aussi à retravailler comme hôtesse d’accueil par exemple : "Je ne me sens pas encore capable de retravailler à temps complet, mais à mi-temps pourquoi pas".

Elle tient également à faire passe un message: "J’ai voulu témoigner pour que les gens puissent se rendre compte que c’est quelque chose de grave et qu’il faut faire attention".

Marie Monier (avec G.D.)