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"Je fais un effort pour parler": le témoignage d’une victime de l’Androcur, médicament accusé de favoriser les tumeurs cérébrales

L'Androcur est un médicament prescrit depuis les années 80, notamment aux femmes qui souffrent d'hyperpilosité , d'endométriose ou qui ont des problèmes d'acné. Plusieurs plaintes ont été déposées.

Trois Françaises victimes de méningiomes, des tumeurs cérébrales bénigne, ont porté plainte contre le laboratoire Bayer, qui commercialise l'Androcur. Ce médicament est soupçonné de favoriser les méningiomes, des tumeurs cérébrales bénignes. 

Une première audience a lieu ce mercredi au tribunal de grande instance de Bobigny. L'Androcur est commercialisé par le laboratoire Bayer depuis 1980. Il supposé être prescrit à des femmes pour des phénomènes d'hyperpilosité, mais aussi en cas d'endométriose ou d'acné. Il a été prescrit à 57.000 femmes en France en 2017. Il est aussi prescrit à des hommes pour atténuer les effets secondaires du cancer de la prostate.

Le risque de méningiomes était noté dans la notice du médicament depuis 2011, mais en septembre dernier, une étude publiée par l'ANSM et l'Assurance maladie a quantifié ce risque. Il est multiplié par 7, pour les patients traités depuis plus de 6 mois, à 20 chez celles qui prennent le traitement depuis au moins 5 ans.

15 dossiers de plaintes en préparation

Emmanuelle, qui a pris de l’Androcur pendant 14 ans, ne peut aujourd’hui plus travailler. Sur l'IRM de son cerveau, apparaissent cinq taches blanches. De la taille d'une cerise, quatre méningiomes sont toujours là. Et les séquelles de l'opération aussi. 

"On a un cerveau qui fatigue quand même très vite. Je sais que je fais un effort pour parler et être comprise, puisque j’avais perdu la parole après l’opération. De temps en temps, j’ai des maux de tête qui sont assez difficiles à supporter", détaille-t-elle.

Son chirurgien est le premier à l'alerter. L'Androcur est, selon lui, responsable de ces tumeurs.

"Je suis très en colère qu’on ne met rien dit parce que ces médicaments m’ont été donnés par trois professeurs en gynécologie différents. Ils ont toujours été renouvelés et aucun de ces professeurs de gynécologie ne m’a jamais parlé d’effets, tels que ces tumeurs cérébrales", indique-t-elle. 

Avec d'autres victimes, Emmanuelle a créé une association. Une quinzaine de dossiers de plainte, dont le sien, sont en cours de constitution contre le laboratoire Bayer. 

Caroline Philippe avec Guillaume Descours