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"Je n'ai pas le droit... mais je prends le droit de le faire": la fronde des commerçants fermés à cause du confinement

REPORTAGE RMC - Certains commerçants et maires refusent de fermer le rideau.

Avec l'entrée en vigueur de ce troisième confinement, le débat sur les commerces essentiels et non-essentiels est de retour. Depuis samedi 90.000 commerces ont dû baisser le rideau dans les 16 département confinés. Le liste des commerces essentiels a été étoffée depuis les précédents confinement, avec notamment les libraires, les chocolatiers, les concessions automobiles sur rendez-vous ou encore les coiffeurs.

Pour les autres commerces comme ceux de prêt-à-porter la douche est froide et l'on crie à l'injustice. Ici et là, des maires prennent des arrêtés pour autoriser ces commerces à ouvrir, mais ils sont systématiquement bloqués par les préfet, c'est le cas à Yerres.

A Compiègne ou à Boulogne-sur-Mer, les maires ont pris des arrêtés pour autoriser les commerçants à exposer leurs collections devant leur boutique.

"Je pense que je n'ai pas le droit, mais je prends le droit de le faire"

A Yerres dans l'Essonne, Vanina a beau être obligée de fermer, cette gérante d'un magasin de prêt-à-porter a décidé de continuer à accueillir ses clientes, mais uniquement sur rendez-vous.

Ce système de réservation de créneau horaire, elle l'avait déjà mis en place pour le confinement de l'automne dernier. Et elle assume reprendre cette semaine.

"Je pense que je n'ai pas le droit, mais je prends le droit de le faire. En recevant une cliente à la fois on ne prends aucun risque. On a le gel les masques..."

Les portants et les étagères débordent. Sa réserve est pleine. Alors Vanina a besoin d'écouler son stock. "On commande un an en avance, j'ai environ 20.000 euros de marchandise. SI je ferme deux mois je les sors d'où les 20.000 euros ?"

Une situation que n'ignore pas Olivier Clodong, maire de Yerres. Pour lui, pas question de pénaliser ses commerçants.

"Ce n'est certainement pas ma police municipale qui l'empêchera de faire ça! Plusieurs commerçants m'ont déjà sollicité pour pouvoir se mettre dehors, des dérogations qui sont toutes acceptées."

Une pratique pourtant interdite rappelle le ministère de l'Economie. Alors que par exemple le déballage sur les marchés est lui autorisé. Une incohérence, et ce n'est pas la seule.

"C'est quoi la différence entre épiler un sourcil et couper un cheveu?"

Jean-Michel Karam tient une enseigne d'épilation des sourcils. Ses 58 boutiques sont fermées, contrairement aux coiffeurs. Et il ne comprend pas pourquoi.

"C'est quoi la différence entre épiler un sourcil et couper un cheveu? C'est injuste et incompréhensible."

Et Le gérant de l'atelier du sourcil va saisir d'ici ce midi le Conseil d'Etat en urgence.. Il espère ouvrir à nouveau d'ici 48H.

Cyrpien Pézeril (avec J.A)