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"Je vais retourner en Bretagne et faire le dos rond": les serveurs parisiens attendent avec fatalisme le verdict des autorités

Déjà grandement fragilisés par la crise du coronavirus les bars de la capitale attendent avec fatalisme le verdict des autorités sur une possible fermeture.

Ce dimanche soir, les autorités de santé doivent annoncer si de nouvelles métropoles rejoignent Aix-Marseille et la Guadeloupe. Parmi les villes sur la sellette figurent Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne, Toulouse et surtout Paris. C'est ce qu'a annoncé jeudi dernier Olivier Véran.

Principale conséquence: les bars pourraient fermer dès lundi. On en saura plus ce dimanche soir, en fonction de l'évolution de l'épidémie. Les derniers chiffres ne jouent pas en la faveur des parisiens. Le taux d'incidence dépasse toujours la barre des 250 pour 100.000 habitants à Paris (l'un des critères pour basculer en zone d'alerte maximale) et a même atteint les 264 vendredi 2 octobre, selon l'ARS.

Par ailleurs, en Ile-de-France, le taux d'occupation des lits en réanimation atteignait, ce vendredi, 34,8%, soit au-dessus du seuil critique de 30%, selon l'ARS. 

"Là c'est encore un coup de massue"

Toutes les conditions semblent donc réunies pour un durcissement des mesures. Les propriétaires de bars sont dans le désarroi et attendent la décision officielle sans se faire d'illusions. Cyril, patron du Merle moqueur, depuis quelques mois seulement.

"C'est quasiment confirmé. J'ai rouvert le 22 août, je ne peux pas embaucher donc je suis quasi-tout seul, c'est dur."

Des fermetures a répétitions dans un établissement fragile, mais Cyril fait preuve de compréhension.

"Mon père justement est à l'hôpital à cause du Covid donc je vois les choses un peu différemment."

Serveur dans un autre bar, Juan a été prévenu qu'il retournerait en chômage partiel en cas de fermeture forcée.

"Là c'est encore un coup de massue. Donc je vais retourner en Bretagne, on va faire le dos rond et on va attendre."

Face à cette situation désespérante, il envisage de changer de profession.

Romain Poisot (avec J.A.)