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La consultation immédiate à 25 euros réclamée par les généralistes: "On demande des choses raisonnables"

Les médecins généralistes souhaitent que la consultation passe immédiatement à 25 euros.

Les médecins généralistes souhaitent que la consultation passe immédiatement à 25 euros. - -

En négociation depuis février sur la future convention médicale avec les médecins, l'Assurance maladie a proposé une augmentation progressive de la consultation à 25 euros en 2018. Mais pour Claude Leicher, président du syndicat MG France, invité sur RMC jeudi, cette augmentation doit intervenir immédiatement.

La consultation chez le généraliste aujourd'hui à 23 euros pourrait bientôt en coûter 25. Oui mais quand? L'Assurance maladie a officiellement proposé mercredi cette augmentation qu'elle souhaite progressive. En 2017 le prix passerait donc à 24 euros puis 25 en 2018. Un échelonnement envisagé afin de répartir le coût de cette mesure estimé à 450 millions d'euros.

Mais une augmentation effective à 25 euros dans deux ans apparaît trop tard tardive pour les médecins qui veulent cette revalorisation de 2 euros dès aujourd'hui. "Comme d'habitude on essaye de reporter sur les suivants ce qu'on devrait faire immédiatement", déplore Claude Leicher, président de MG France, le premier syndicat de médecins. Pour lui, il y a urgence compte tenu de l'état de la profession. 

"Il y a une chute dramatique du nombre de médecins généralistes dans ce pays. L'ordre des médecins nous prévoit qu'en 2025 nous aurons perdu un quart des médecins généralistes. Or pendant ce temps la population augmente, les besoins de santé augmentent", constate-t-il. 

"Il faut arrêter de nous décourager d'exercer ce métier"

Le médecin rappelle que le prix de la consultation n'a pas été augmenté depuis 2011. Et face aux conditions de travail dégradées à cause du manque de médecins, la situation contribue selon lui à refroidir les jeunes médecins tentés par la profession de généraliste.

"On demande des choses raisonnables. Il faut arrêter de nous décourager d'exercer ce métier (...). Aujourd'hui les étudiants réfléchissent quand même à deux fois avant de choisir ce métier où vous gagnez environ 28€ net de l'heure mais où vous allez faire des semaines de 55 heures, vous n'avez pas de congés payés", note Claude Leicher. 

"Il y a un risque que les médecins finissent par se lasser"

Depuis quelques années, des modèles alternatifs au cabinet médical isolé se sont mis en place pour rendre les conditions de travail plus acceptables: maisons médicales de garde ou pôles de santé qui permettent de mutualiser les moyens. Mais reste toujours un problème de moyens pour Claude Leicher qui craint que les médecins conventionnés perdent patience alors que les négociations avec l'Assurance maladie sont en cours depuis février.

"Il y a un gros risque que les médecins finissent par se lasser de ce feuilleton conventionnel et finissent par dire la convention, c'est peut-être pas la solution".

Des généralistes pourraient quitter le secteur conventionné, le tarif de la sécurité sociale. Claude Leicher espère que les généralistes n'auront pas à aller jusque là et en appelle à François Hollande. "Nous pensons que si on veut défendre l'exercice libéral de proximité et le fait que les patients puissent accéder aux soins, il est absolument nécessaire que le président de la République pousse vers un accord conventionnel, ce que pour l'instant il ne fait pas". 

Carole Blanchard