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"La nuit, je me réveille et je me demande si ce qu’on est en train de vivre, est vrai": une infirmière d'un hôpital de Mulhouse raconte son quotidien éprouvant dans la lutte contre le Covid-19

La région Grand-Est est la plus touchée par l'épidémie. 660 personnes sont mortes dans la région. Et les soignants sont débordés par l'afflux de patients et par la charge psychologique que cela implique.

La situation est toujours très tendue dans les hôpitaux du Grand-Est face à l'épidémie de Covid-19. La région est l'un des principaux foyers de la maladie. Plus de 3600 personnes sont hospitalisées selon un dernier bilan communiqué par l'ARS vendredi soir, dont 747 en réanimation. 660 personnes sont mortes dans la région depuis le début de l'épidémie.

Vendredi une nouvelle évacuation de malades à eu lieu pour désengorger les hôpitaux. Les soignants travaillent parfois jusqu'à 12 heures par jour. Un épuisement physique mais aussi psychologique. 

Les mains serrées, cette infirmière des urgences de l'hôpital Emile Muller à Mulhouse raconte son quotidien alors qu’elle vient de passer près d'un mois à accueillir des patients avec symptômes Covid-19.

“On a l’habitude de prendre en charge les urgences, mais là, c’est tout le temps, c’est un flux incessant, c’est impressionnant. Et vu qu’on n’a pas encore atteint le pic épidémique, je vous avoue que j’ai du mal à imaginer pire que ce qu’on est en train de vivre en ce moment”, confie-t-elle. 

Une charge émotionnelle de plus en plus lourde à porter. “On réanime plus les personnes de plus de 75 ans et plus, donc ça déjà psychologiquement, c’est très éprouvant. On se dit que ces gens-là, on est les dernières personnes qu’ils vont voir”, ajoute-t-elle. 

Une aide psychologique pour les soignants

Le manque de masques à venir augmente son stress.

“Physiquement et psychologiquement, je ne me sens pas bien. La nuit, je me réveille et je me demande si ce qu’on est en train de vivre, c’est vrai. En fait qu’en on est dedans, on travaille, on fait ce qu’on a à faire. Mais quand je rentre, je me dis ‘ce qui s’est passé aujourd’hui est-ce que c’est vrai ? Le bout, on va le voir quand ?’ On est dans l’incertitude donc ça fait peur”, indique l’infirmière. 

Une cellule d'aide psychologique a été mise en place. Et cette infirmière reprend aussi des forces au moment des applaudissements pour les soignants à 20 heures.

Laura Taouchanov avec Guillaume Descours