RMC

"La qualité de prise en charge des résidents risque de se dégrader": en manque de bras, les Ehpad lancent un appel aux volontaires

Comment assurer le remplacement des personnels dans les Ehpad? C'est la question à laquelle il est particulièrement difficile de répondre pour les directions de certains établissements.

Employés malades, épuisés... face à la crise du Covid les bras manquent. Après la Haute-Savoie, c'est le département de l'Isère qui vient de lancer un appel aux volontaires pour aider dans les Ehpad et les maisons autonomie.

500 personnes motivées sont recherchées. Elles seront formées pour soutenir le personnel soignant des établissements locaux. Et si des initiatives sont menées ici où là, les professionnels du secteur l'assurent: le manque de bras est le résultat d'une absence de prise en compte des difficultés du métier, et ce, depuis plusieurs années.

"Les Ehpad peinent à recruter des aides-soignants"

Avec 906 employés à l'arrêt dans les Ehpad d'Isère, le taux d'absentéisme dépasse les 16%. Une situation difficilement tenable, explique Jean-Pierre Barbier, président du Conseil départemental de l'Isère: "Les équipes qui sont en place, font le travail mais elles se fatiguent, elles s’usent".

Un manque de personnel que le Synerpa, principal syndicat des maisons de retraite, cherche à pallier. En Occitanie, le syndicat a mis en place l'année dernière une formation de 3 mois pour devenir accompagnant en gérontologie.

Pour Florence Arnaiz-Momé, déléguée générale du Synerpa, l'objectif est double: "Les Ehpad peinent à recruter des aides-soignants et nous avons à cœur de former les auxiliaires de vie à un premier niveau de soin donc nous avons créé une formation qui permet d’acquérir les principales missions d’accompagnement au soin".

Il faut "former un nombre suffisant d’aides-soignants, les rémunérer correctement"

Aux yeux de Gilles Gadier, secrétaire fédéral de FO Santé, cette initiative n'est pas adaptée. Pour lui, il faut traiter le problème à la source: "C’est une solution dans l’urgence mais si elle n’est pas adossée à un vrai changement de politique qui vise à former un nombre suffisant d’aides-soignants, à les rémunérer correctement, la qualité de prise en charge des résidents risque de se dégrader".

Le secteur estime à environ 250.000 le nombre de professionnels à embaucher dans ce domaine dans les six prochaines années.

Aymeric Dantreuille (avec C.P.)