RMC

Le chef d'un service de réanimation testé positif au Covid-19 après avoir reçu une dose du vaccin Pfizer

DOCUMENT RMC - Si les vaccins ne garantissent pas une sécurité à 100%, Jean-Michel Constantin, chef du service réanimation à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, s'étonne que de nombreux soignants refusent toujours de se faire vacciner.

L'avancée de la campagne de vaccination en France pousse l'exécutif à estimer une sortie de crise. Comme l'a assuré Emmanuel Macron et l'a répété ce vendredi sur RMC et BFMTV le ministre de la Santé Olivier Véran, il faut tenir encore "4 à 6 semaines", avant un éventuel assouplissement des mesures sanitaires. En attendant, des doses de vaccin supplémentaires sont envoyées dans les départements les plus touchés par l'épidémie de Covid-19.

Mais la vaccination ne signifie pas être sortie d'affaire. C'est ce que rappelle ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules" Jean-Michel Constantin, chef du service réanimation à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière:

"J'ai attrapé la souche sud-africaine du Covid-19 après la vaccination au Pfizer", raconte-t-il. "Que le vaccin marche mal sur le variant sud-africain, ce n’est pas surprenant, on le sait". 

"C’est criminel de dire ça!"

Un Covid-19 "moins fort", mais une contamination quand même, qu’il assure ne pas avoir attrapé à l’hôpital, alors que le nombre d’infections nosocomiales, le fait d'attraper un virus dans un établissement hospitalier, augmente ces dernières semaines. 

"Je me confesse, j’ai eu 50 ans le 22 janvier, je m’étais dit que je monterais le Kilimandjaro (au Kenya) pour mes 50 ans. Je l’ai fait avec le variant sud-africain le 2 février, j’ai dû l’attraper dans l’avion, c’est une imprudence. Je suis rentré pourtant avec un test PCR négatif, j’étais fatigué, j’ai fait un deuxième test qui s’est avéré positif. Je n’ai eu qu’une crainte c’est de créer un cluster", assure Jean-Michel Constantin.

A LIRE AUSSI - Vacciner 20 millions de personnes d'ici mai: pourquoi l'objectif de Jean Castex s'annonce difficile à tenir?

Pour autant, pas question de remettre en question la vaccination du personnel soignant, alors que les professionnels du secteur seraient réticents à se faire vacciner et que seules 25% des doses de vaccins disponibles, l'AstraZeneca, ont été écoulées: "J’entendais un représentant syndical infirmier dire que le problème n’était pas le vaccin mais l’AstraZeneca. Mais c’est criminel de dire ça! L’AstraZeneca a des données publiées rassurantes. Il est plus efficace que le Pfizer selon certaines études. Je ne comprends pas qu’on laisse dire ce genre de chose. Le problème c’est la non-vaccination des soignants, je ne la comprends pas", déplore Jean-Michel Constantin qui estime que "peu de médecins, beaucoup d’infirmiers et énormément d’aides soignants", rechignent à se faire vacciner.

"Mon premier réflexe quand j’ai eu une PCR positive, c’était d’espérer n’avoir contaminé personne. Je ne comprends pas qu’on aille au boulot avec le risque de contaminer des malades. Je ne peux pas le concevoir", ajoute le praticien.

En 2020, les maladies nosocomiales ont explosé. Selon Santé publique France, 39.025 cas de Covid-19 ont été contractés à l'hôpital. Sur ces cas, 23.528 patients concernaient des patients dont 172 en sont morts et 15.547 des professionnels de santé.

>> A LIRE AUSSI - Autriche, Danemark, Hongrie... Ces pays qui commandent des vaccins hors du cadre de l'UE

G.D.