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"Le coronavirus va avoir du mal à s’arrêter au panneau": en Corse, on déplore un confinement limité à Ajaccio

À Ajaccio où l'on compte 23 cas de coronavirus, tous les établissements scolaires sont fermées. Une mesure qui étonne du côté des enseignants qui déplorent que la mesure ne s'applique pas aux communes limitrophes.

Tous les établissements scolaires et toutes les crèches d'Ajaccio vont rester fermé deux semaines face à la progression du nouveau coronavirus. C'est ce qu'a annoncé dimanche la préfecture de Corse précisant que la ville était désormais considérée comme un foyer de contamination, alors que Ajaccio regroupe 23 des 28 personnes atteintes par le covid-19 recensées dans l'Île de Beauté.

Mais fermer les établissements d'une seule et unique ville, ce n'est pas suffisant pour Fabien Mineo Secrétaire départemental du syndicat des enseignants SNUIPP FSU de Haute-Corse : "Le virus va avoir du mal à s’arrêter au panneau quand il va voir Ajaccio. On ne comprend pas les décisions prises. Les arrêter à des communes, ne pas les étendre aux villes limitrophe et ne pas avoir une prise en compte globale du problème, c’est une source d’inquiétude".

Seulement une vingtaine de lits en service de réanimation pour toute l'île

Le conseil exécutif de Corse réfléchit lui aussi à réclamer la fermeture de tous les établissements. Mais pour le préfet Franck Robine ce n'est pas nécessaire. S'il y a bien d'autres contaminés sur l'Île et notamment à Bastia, le virus circule seulement à Ajaccio selon lui : "À Bastia, il y a cinq cas identifiés qui ont observés les consignes et se sont consignés chez eux limitant la propagation du virus. Aujourd’hui la protection de la population corse passe par les mesures prises sur Ajaccio", estime-t-il.

"C’est 10.000 élèves plus les personnels encadrants. Ce n’est pas une bonne nouvelle, c’est compliqué à organiser puisque cela veut dire que nous sommes reconnus comme un foyer épidémique mais il faut prendre les décisions qui s’imposent donc on est là pour limiter la propagation", justifie de son côté le maire de la ville Laurent Marcangeli.

La propagation du virus inquiète d’autant plus en Corse qu’une grande partie de la population est âgée et que l’on compte seulement une vingtaine de lits en service de réanimation.

Cyprien Pézeril (avec Guillaume Dussourt)