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Le monde de la culture pessimiste: "Si c'est pour avoir un public pris de panique au moindre postillon..."

Le secteur de la culture est l'arrêt forcé et demande un coup de main significatif pour survivre. Les perspectives du monde d'après ne les rassurent pas du tout, au contraire.

Emmanuel Macron au chevet du monde artistique ce mercredi. Le chef de l'Etat doit dévoiler des mesures pour sauver la culture, l'un des secteurs les plus éprouvés par la crise. Les artistes et les salles de spectacles demandent notamment plus de perspective sur l'avenir alors que l'ensemble du secteur est à l'arrêt forcé.

Confiné, et à l’arrêt, Thibault, percussionniste n’a plus pour public que quelques voisins qui collent le nez à leur fenêtre quand il répète.

"Ca ma manque beaucoup, donc ça fait plaisir de jouer un petit peu. On a des annulations en juin et en juillet. Mais je suis aussi en train de recevoir des premières annulations pour août."

"On a besoin d'un coup de main significatif"

Le musicien risque d’être radié de pôle emploi à la rentrée. Il demande au gouvernement de renouveler les droits des intermittents pour 1 an, sans recalculer les indemnités :

"Je perds plus de 40 dates sur cette saison donc c'est énorme. C'est vraiment quelque chose d'exceptionnel qui se passe on a besoin d'un coup de main significatif."

Privées d’artistes, privées de public, le silence tourne à l'angoisse dans les salles de spectacle. Sotha fait les cent pas dans son théâtre du café de la Gare à Paris. L’administratrice aimerait savoir quand et comment les spectacles pourront reprendre.

"Le théâtre tel qu'il est là il est en danger. L'incertitude c'est terrible, mais si c'est pour avoir une assemblée de gens clairsemée et prise de panique au moindre postillon... Si on ne peut pas recommencer comme avant on n'a pas envie de reprendre."

La fondatrice du théâtre espère que l’Etat versera des subventions aux salles les plus menacées.

Juliette Pietraszewski et Nicolas Traino