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"Les jeunes sont les moteurs de cette pandémie": faut-il fermer les écoles alors que l'épidémie se durcit?

Au 1er octobre, près de la moitié des clusters identifiés en milieu scolaire et universitaire, se trouvaient dans des collèges et des lycées. Alors certains épidémiologistes plaident pour la fermeture des écoles.

Une fille au collège, deux garçons au lycée, Sidibé appréhende la rentrée, lundi prochain, d'autant que des cas de Covid-19 ont été déclarés dans les classes de ses fils : "Je suis favorable au report de la rentrée. Je ne suis pas rassuré du tout et ça me fait peur de renvoyer mes enfants à l’école", craint-il au micro de RMC.

Reporter la rentrée au collège et au lycée, c'est l'une des pistes suggérée par l'épidémiologiste Antoine Flahault : "Le fait de fermer ces établissements, peut-être qu’on pourra avoir des bénéfices sur une période de deux semaines. Les jeunes représentent les moteurs de cette pandémie. Les collégiens et les lycéens sont plusieurs heures d’affilée dans des lieux clos". Au 1er octobre, près de la moitié des clusters identifiés en milieu scolaire et universitaire, se trouvaient dans des collèges et des lycées.

Une nécessité sanitaire, mais une catastrophe pour les enseignants. Pour Claire Guéville, secrétaire nationale au syndicat SNES-FSU et prof d'histoire-géo à Dieppe, un report de la rentrée signifierait de nouveaux décrochages: "L’enseignement à distance n’est pas l’école. Il se passe des choses en classe qui ne peuvent pas se passer à distance. On est exactement dans la même situation qu’en Mars dernier. Rien n’a été anticipé".

Faut-il organiser un roulement des élèves dans les classes?

"Depuis plus d'un mois, nous soulignons au ministère de l'Education que nous avons des protocoles à l'éducation nationale en cas de circulation active du virus qui n'ont jamais été mis en place", déplore Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc). Selon lui, ces protocoles permettraient de limiter l'accueil à des demis-classes. "Cela permet de respecter la distanciation physique et d'éviter beaucoup de brassage", explique-t-il, plaidant pour la mise en place de roulement présentiel des élèves en classe. 

"Le retour à l'école c'est l'état d'esprit de la plupart des enseignants. Les enseignants à risque eux ne sont pas du tout dans l'état d'esprit de reprendre. Emmanuel Macron disait que nous étions "en guerre", mais nous sommes des enseignants, pas des soldats ou des tire-au-flanc. La décision de reprendre n'est pas individuelle. On joue tous dans la même équipe", ajoute-t-il.

Selon une enquête publiée par le ministère de l'éducation, près de 600.000 lycéens et collégiens auraient décrochés lors du dernier confinement soit près de 12% des effectifs.

Maxime Levy (avec Guillaume Dussourt)