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Les jeunes sous-estiment le sida: "Je ne sais pas si l'on peut en guérir ou pas"

Ce jeudi c'est la Journée mondiale de la lutte contre le sida et c'est surtout l'occasion de montrer que les jeunes ne connaissent plus le VIH, ses modes de transmissions, ses risques... comme le révèle une étude de la SMEREP, une mutuelle étudiante.

Plus de trente ans après la découverte du sida, les fausses croyances sur la maladie ont la vie dure. Et force est de constater que les jeunes sous-estiment la maladie et prennent des risques. C’est en tout cas la conclusion que l’on peut tirer de l’enquête santé menée auprès des étudiants et lycéens français par la SMEREP à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, ce jeudi. L’étude révèle les habitudes de ces jeunes en matière de sexualité et notamment sur le port du préservatif qui est loin d’être systématique.

La preuve, par exemple, avec Cherip, 21 ans. Quand une fille lui plait en soirée et même s'il n'a pas de préservatif, il décide tout de même d'avoir un rapport. "Je prends le risque. J'assume. Je prends le risque, assure-t-il. Je ne vais pas aller chercher des préservatifs dans une pharmacie et revenir, je n'ai pas le temps. C'est une maladie mais voilà…" Et d'avouer "ne pas savoir si l'on peut en guérir ou pas".

"Cette méconnaissance est inquiétante"

Non, on ne guérit pas du sida. Pourtant, selon l'enquête de la SMEREP, 12% des étudiants pensent le contraire. Ils pensent aussi que c'est une vieille maladie, qu'on a peu de chance de l'attraper. "J'ai des amis qui ne mettent jamais de préservatifs et qui ne font jamais de tests pour savoir s'ils ont le sida, confie cette jeune femme. Ils ne s'inquiètent pas. Ils pensent que tout le monde est sûr, que personne ne l'a".

Ces jeunes prennent des risques car ils ne sont pas suffisamment informés estime Hadrien Le Roux, président de la SMEREP: "Près d'un étudiant sur quatre ne sait pas comment se transmet exactement le sida. Par exemple, 15% d'entre eux pensent aujourd'hui qu'on peut l'attraper avec une piqûre de moustique ou embrassant une personne séropositive. Cette méconnaissance est inquiétante. On ne parle plus du sida, ou très peu". Pourtant, chaque année, plus de 6.000 personnes découvrent qu'elles sont séropositives.

M.R avec Romain Poisot