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Les parents de Théo, 10 ans, opéré 51 fois, vont porter plainte contre Monsanto

Théo, 10 ans, est atteint de graves malformations congénitales. Selon ses parents, le glyphosate est responsable du handicap de leur fils. Ils comptent bientôt porter plainte contre Monsanto et contre d'autres fabricants de glyphosate. Thomas Grataloup, le père de Théo, témoignait ce jeudi matin dans Bourdin Direct.

Thomas Grataloup est le père de Théo, 10 ans, né avec de graves malformations congénitales.

"Nous allons porter plainte dans les jours qui viennent contre Monsanto et contre d'autres fabricants de glyphosate.

En août 2006, ma femme Sabine était enceinte, mais ne le savait pas encore. Elle a épandu du glyphosate sur une carrière d'équitation que nous avons dans notre maison en Isère. Elle en a inhalé de manière assez forte et à l'époque il n'y avait pas forcément de précautions d'usage. Il n'y avait pas d'indications, il n'y avait pas marqué non plus que ça ne devait pas être utilisé par des femmes enceintes.

A cette époque-là de la grossesse, c'est le moment où la trachée et l'œsophage se séparent, ce qui a mal fonctionné chez notre fils puisqu'il a eu une atrésie de l'œsophage avec une communication entre les poumons et le système digestif associé à des malformations du larynx.

Théo a déjà subi 51 opérations, la 52e est prévue le mois prochain à l'hôpital Necker à Paris. Il a passé les 6 premiers mois de sa vie en réanimation avant de rejoindre la maison. Aujourd'hui il a une trachéotomie pour respirer, c’est-à-dire un trou à la place de la gorge. Il parle comme les gens qui ont eu un cancer de la gorge à qui on a enlevé une partie du larynx. Il a eu d'énormes soucis pour manger, pour respirer, pour vivre.

"Nous avons tenté d'alerter les autorités"

Au début, on était en mode survie, mais au bout de quelques années, on a fait le lien avec l'exposition au glyphosate. Nous avons tenté d'alerter les autorités. On a écrit au président, au ministre de la Santé, à des députés, mais il n'y a pas eu de réponse. Notre objectif, c'était de demander à ce que des études indépendantes soient menées pour vérifier la dangerosité et la toxicité de ce produit qu'on pressentait à l'époque.

Avec le temps, on s'est aperçu que de plus en plus d'études montraient un lien net entre les problèmes de santé et l'exposition au glyphosate. On s'est aussi aperçu que les fabricants de glyphosate étaient informés et parfaitement au courant des dangers que pouvaient présenter leurs produits, malgré cela ils avaient choisi de continuer de le commercialiser".

P.B.