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"Les responsables politiques ne nous répondent même pas": le cri d’alarme d’un médecin en grève

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, le Dr Pascal Charbonnel, médecin généraliste aux Ulis (Essonne), regrette l’absence de réponse du gouvernement face à la mobilisation du secteur.

Cabinets (encore) fermés. Après leur premier mouvement début décembre, les médecins généralistes sont à nouveau en grève à partir de ce lundi. Installé aux Ulis (Essonne), le Dr Pascal Charbonnel ne voit pas d’autre moyen pour alerter sur leurs difficultés: "On ne le fait pas égoïsme. Si on le fait, c’est qu’on n’a pas d’autre solution".

"La situation est assez dramatique pour la profession, explique-t-il dans ‘Apolline Matin’ ce lundi sur RMC et RMC Story. Il y a eu deux jours de grève les 1er et 2 décembre, on n’a eu absolument aucun retour sur nos revendications. Il faut se rendre compte que le système est sous l’eau, qu’on n’a plus les moyens de travailler correctement, qu’on met nos patients en danger et qu’on a envie que ça change."

Ce médecin généraliste a fait grève pour la première fois, en 35 ans, début décembre. "Le mouvement a été très suivi, souligne-t-il. Ce qui est dramatique, c’est que les responsables politiques en face ne nous répondent même pas. L’hôpital est aussi en grande difficulté, ça attire beaucoup plus l’œil que la situation des cabinets. Le point essentiel, c’est que nos conditions de travail sont tellement dégradées actuellement qu’on est obligé de taper très fort pour être entendu. C’est absolument désolant pour les patients."

"On n’a pas les moyens de travailler"

"Ce n’est pas notre truc, la grève, ajoute le Dr Pascal Charbonnel. On est médecin, on travaille autant qu’on peut. On n’a plus d’interlocuteur en face. On nous dit encore une fois de prendre nos responsabilités. Depuis 35 ans que je fais ce métier, je n’ai pas signé pour sacrifier la qualité du soin. Ce n’est plus possible. Les conditions de travail sont telles que ce n’est plus possible de travailler."

Comme ses collègues, le Dr Pascal Charbonnel réclame plus de moyens pour se consacrer davantage aux patients. "Le médecin généralise français est payé deux fois que la moyenne européenne. Et il ne peut pas embaucher de personnel pour l’aider. Un généraliste anglais, il a deux salariés à temps plein. Nous, on est à 0,3. Ce n’est pas une question de gagner plus. On est moins payé que nos collègues européens mais surtout, on n’a pas les moyens de travailler. On a une situation administrative complètement bloquée. Je passe 20% de mon temps à faire de l’administratif qui pourrait être fait par des tiers. C’est une administration typiquement française, pléthorique et pas très efficace."

LP