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Masques en chanvre, recyclage, transformation... Que faire contre la catastrophe écologique des masques?

C'EST DEJA DEMAIN - On le constate tous les jours : les masques sont devenus les nouveaux mégots, les rues en sont jonchées... Un vrai enjeu écologique avec des solutions technologiques.

Les masques, on n’a pas fini d’en utiliser a priori... Or, il faut plusieurs siècles à un masque pour se décomposer dans la nature. Première solution: utiliser moins de masques. Il y a les masques en textiles réutilisables, mais il y a mieux: celui que je vous ai apporté est réutilisable potentiellement à l’infini. Sa particularité : on peut le laver… au lave-vaisselle, encore et encore et encore ! Il est conçu à base de plastique recyclable.

Et à l’intérieur évidemment il y a un filtre, qui peut aussi passer au lave vaisselle, ou bien au four, 30 minutes à 60 degrés et c’est lavé. L’autre gros avantage du plastique par rapport aux masques habituels, c’est le thermoformage, qui permet de s’adapter précisément à la forme du visage, de "coller" comme une ventouse, et donc de renforcer son étanchéité.

C’est un spécialiste français de la plasturgie, Dedienne, basée dans l’Eure, qui a eu cette idée. D’habitude ils fabriquent des pièces pour les avions et les voitures, mais ils se sont reconvertis avec la crise sanitaire. Des visières pour les hôpitaux, mais aussi ces masques grand public. 24 euros avec 10 filtres, lavables 20 fois. Ca revient à 24 centimes par jour d’utilisation. Je précise que ce sont des masques de catégorie 1, donc qui sont toujours dans les clous par rapport aux recommandations des autorités.

Autre solution : des masques biodégradables

Ce qui en soi n’est pas une solution à l’incivilité, soyons très clairs. Mais au moins ça a le mérite d’éviter la pollution. Plusieurs projets, notamment celui d’une startup qui s’appelle Géochanvre basée dans l’Yonne, composé à base de chanvre comme son nom l’indique.

Il a un look assez champêtre du coup. Là encore ils ont été testés en laboratoire et par la direction générale de l’armement et sont considérés comme masques de catégorie 1. Sauf que quand on a fini de l’utiliser, il se décompose naturellement, vous pouvez le mettre dans un pot de fleur par exemple.

Le tout pour un prix de moins d’un euro. D’autres utilisent des déchets végétaux comme du résidu de canne à sucre ou même du marc de café par exemple.

Résultat : des membranes très fines, presque transparentes, qui seraient aussi efficaces qu’un masque chirurgical et qui se détruisent naturellement dans l’environnement contrairement au plastique. Des concepts en cours de développement mais qui ne sont pas encore validés scientifiquement pour l’instant.

Reste le problème des masques jetables

On commence à voir des initiatives. Comme celle de la startup française Plaxtil, basée du côté de Châtellerault qui récupère les masques jetables, qui sont placés en quarantaine pendant quelques jours. On enlève la barrette nasale, non recyclable, on passe le reste au broyeur puis dans un tunnel ultraviolet désinfectant pour les décontaminer.

Et ces petits morceaux de plastique vont pouvoir être réutilisés, pour fabriquer par exemple des visières de protection en plastique ou encore des ouvre-portes, qui permettent de ne pas toucher la poignée. Ou même en règles et en équerres. Certaines villes commencent à mettre en place des systèmes de collecte des masques usagés.

Anthony Morel (avec J.A)