RMC

Médecins bretons en guerre contre la Sécu: "On n'est pas Merlin l'enchanteur!"

Dans le petit village breton de Romillé, les médecins facturent leur consultation 25 euros au lieu des 23 prévus par la Caisse primaire d'Assurance maladie. Ils estiment que 23 euros n'est pas suffisant pour poursuivre leur activité.

Ils sont 5 irréductibles médecins dans un village breton de 3.500 habitants. Ces médecins de Romillé, soutenus par les riverains, ont décidé d'appliquer dès maintenant la consultation à 25 euros (elle doit passer de 23 à 25 euros en mai 2017). Et malgré les sanctions pour dépassements d'honoraires de la Caisse primaire d'Assurance maladie d'Ille-et-Vilaine (CPAM), ils tiennent bon. Pour eux, l'augmentation du prix de la consultation est une question de survie.

"On fonctionne comme une entreprise. Si d'un côté on est bloqués à 23 euros, et que de l'autre côté les charges n'arrêtent pas d'augmenter, évidemment il y a un problème. Si on ne revalorise pas le travail de médecin de campagne il ne faudra pas s'étonner qu'on ne trouve plus personne pour remplir les cabinets qui sont vides dans certains coins de Bretagne notamment", explique Jean-Yves Guinamant, médecin du cabinet médical de Romillé.

Même avis pour Jean-Luc Pontis: médecin dans une autre commune, il ne part pas à la retraite car personne ne veut lui succéder: "La moyenne des consultations dans les pays européens est de 45 euros. On a beau être près de la forêt de Brocéliande, les médecins bretons ne sont pas Merlin l'enchanteur".

"C'est déjà difficile d'avoir un rendez-vous"

Et les habitants de Romillé acceptent cette hausse: "A Romillé on a la chance d'avoir un cabinet de médecins, on n'a pas besoin d'aller faire 40 ou 50 kilomètres. C'est déjà difficile d'avoir un rendez-vous alors je ne sais pas ce que ça va être dans les années futures, il y a un vrai problème".

Mercredi soir, le président de la CPAM d’Ille-et-Vilaine est venu rappeler aux médecins de Romillé qu’avec cette hausse certains usagers n’ont plus les moyens de payer la consultation.

P.B. avec Anaïs Denet