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"Milan est une ville vivante alors la voir comme ça, ça me donne le sentiment qu'on a échoué": un quart de la population italienne placé en quarantaine

Situation complètement inédite en Italie, désormais le 2e pays le plus touché par le coronavirus derrière la Chine. Pour limiter l'expansion du virus, le gouvernement italien a décidé de placer à l'isolement une vaste zone située dans le Nord du pays, et ce jusqu'au 3 avril prochain.

15 millions de personnes sont priées de rester confinées chez elles, soit un quart de la population italienne. Plusieurs régions sont concernées par cette mise en quarantaine: la Lombardie qui comprend la capitale économique, Milan, la région de Venise, le Nord de l'Emilie-Romagne et l'Est du Piémont.

C'est là-bas que se concentrent l'essentiel des cas de coronavirus en Italie. Cette vaste zone sous cloche est soumise à des règles drastiques. De Venise à Milan, depuis ce dimanche matin, la vie quotidienne de ces millions d'Italiens est complètement bouleversée.

"Ce qui arrive à ma ville m'inquiète et me rend triste"

Dans les rues de Milan, les passants ont quasiment disparu. Les cinémas, les musées, les universités sont fermées, idem pour les salles de sport, les piscines, les discothèques. Seuls les bars, les restaurants et les commerces peuvent rester ouverts à condition de respecter une distance de sécurité d'un mètre au minimum entre les clients.

Ambiance pesante reconnaît Lucia, une habitante: "Ce qui arrive à ma ville m'inquiète et me rend triste. Milan est une ville vivante alors la voir comme ça, ça me donne le sentiment qu'on a échoué. Je n'aurais jamais cru qu'une telle chose puisse arriver".

En théorie, tous les habitants, comme Lucia, sont priés de rester chez eux et de limiter leurs déplacements. Ils n'ont pas le droit de sortir de la zone confinée.

"Il faut adapter nos modes de vie et ne pas se laisser abattre"

Francesco essaie de ne pas dramatiser: "Il faut rester calme et positiver. Je vais essayer de continuer à vivre en prenant toutes les précautions nécessaires. Il faut adapter nos modes de vie et ne pas se laisser abattre".

Ces mesures draconiennes doivent s'appliquer pendant près de 30 jours, jusqu’au 3 avril. Des mesures nécessaires, selon le président du Conseil italien Giuseppe Conte.

"Nous savons que ces mesures vont bouleverser la vie des gens, qu'ils vont devoir faire des sacrifices. Mais il est temps d'être responsables. Il faut respecter ces mesures. Pour protéger la santé de ceux que nous aimons, la santé de nos parents et surtout la santé de nos grands-parents".

En cas de non-respect de ces règles, les Italiens s'exposent à des sanctions jusqu'à trois mois de prison et 200 euros d'amende.

Juliette Droz (avec C.P.)