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Coronavirus: "Dans les semaines qui viennent on sera dans le même type de situation qu'en Italie"

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La France pourrait prochainement se retrouver dans la même situation que l'Italie, deuxième pays le plus touché par le coronavirus dans le monde. Et en l'absence de vaccin, les épidémiologistes espèrent que l'arrivée de l'été et de températures plus élevées pourra stopper la propagation du covid-19.

L'Organisation mondiale de la Santé s'inquiète de plus en plus de la situation mondiale face au coronavirus: "La propagation du virus dans le monde est très préoccupante", assure l'OMS alors que 110.000 personnes ont contracté le covid-19 et 3825 en sont mortes depuis l'apparition de la maladie à Wuhan en Chine.

"On est préoccupés par ce que c’est un nouveau virus dont on sait par les expériences chinoises, coréennes, italiennes et iraniennes, qu’il se propage très vite et entraîne la création de foyers intense", explique sur RMC Antoine Flahault, médecin épidémiologiste à l’Université de Genève et ancien directeur du centre collaborateur de l’OMS pour la surveillance électronique des maladies.

Si la mortalité du Covid-19 est loin de celle d’Ebola, ce nouveau coronavirus a une vitesse de propagation inquiétante, d’autant qu’il est souvent difficile à détecter. "Dans plus de 80% des cas vous avez une maladie bénigne, parfois même asymptomatique. Vous êtes porteur du virus, probablement vous le diffuser un petit peu et sans le savoir", ajoute le praticien qui évoque une mortalité de l’ordre de 1%, et rappelle que des personnes plus jeunes ont contracté le coronavirus et en sont mortes.

La hausse des températures pour freiner le virus ?

"Dans les semaines qui viennent on sera dans le même type de situation qu’en Italie. Ces situations d’ailleurs ne sont pas habituelles. Ce n’est pas comme la grippe qui concerne tout un pays en même temps sur très peu de jours. En Italie on voit des foyers dans des zones qui ne sont pas les plus urbanisées du pays et qui sont très intenses. Le risque est que ces foyers submergent le système de santé qui n’est pas conçu pour faire face à de telles vagues", craint Antoine Flahault.

Les incertitudes restent nombreuses cependant assure le praticien qui estime que les épidémiologistes, dont il fait partie, ont été "assez mauvais dans les prévisions sur les dernières épidémies". S'ils ne veut pas faire de pronostics, il constate tout de même que l’hémisphère Sud, où les températures sont plus élevées, est peu concerné par la propagation du virus : "Cela laisse une lueur d’espoir sur le fait que nous ayons un répit pendant la saison estivale".

Guillaume Dussourt