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"Mon fils n'est pas un cobaye": les parents méfiants avant une rentrée des classes au compte-goutte

A Paris, les parents d'élèves sont divisés quant à la marche à suivre alors que les écoles devraient rouvrir au compte-goutte. Certains dénoncent l'insuffisance des moyens sanitaires au sein des établissements scolaires.

Lundi les écoles vont commencer à rouvrir leurs portes. Une pré-rentrée pour les 130.000 professeurs qui vont accueillir des élèves de maternelle et de primaire. Un million d'élèves sont attendus à partir de mardi, soit un écolier sur 6 selon Jean-Michel Blanquer, le Ministre de l'Education Nationale.

Les parents ont reçu cette semaine des informations sur la réouverture de ces établissements, la plupart du temps par mail. Mais certains restent sceptiques quand à la sécurité sanitaire des établissements scolaires et refusent de laisser leurs enfants retourner à l'école.

A Paris, Gauthier a tranché: sa fille Rose va retrouver sa classe de CP dès mardi. "On a eu un moment de doute mais a priori ils seraient sept par classe donc on est rassurés. On n’est pas des enseignants donc c’est préférable que ce soit une maîtresse qui transmette le savoir à ma fille", assure-t-il au micro de RMC.

"Il manque du savon, il n’y a pas assez de sanitaires pour tous les élèves"

Et les règles sanitaires seront strictes : lavage des mains toutes les heures, une seule récréation et fin de journée à 15h30. Mais toutes ces mesures ne suffisent pas à calmer les inquiétudes de Valérie dont le fils est en classe de CE2:

"Malgré la confiance totale qu’on a dans l’équipe enseignante, on ne remettra notre fils à l’école. La santé de notre enfant prime avant tout, notre fils n’est pas un cobaye. A partir du moment ou j’ai des incertitudes, je ne cours pas le risque. J’attendrais septembre et on verra à ce moment là dans quelles conditions cela se passe".

Une inquiétude partagée par Carla Dugault, co-présidente de la FCPE: "Les moyens pour faire respecter les gestes barrières ne sont pas au rendez-vous. Il manque du savon, il n’y a pas assez de sanitaires pour tous les élèves. C’est une organisation précipitée et cela ne peut pas fonctionner". Malgré tout, elle souhaite que l'ensemble des élèves soit pris en charge dès que possible, en utilisant par exemple les médiathèques pour répartir le plus possible les enfants.

Romain Cluzel (avec Guillaume Dussourt)