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Net relâchement du comportement des automobilistes

Les routes vidées de leurs automobilistes conduisent certains à avoir un comportement dangereux en France.

Le confinement amène à des situations parfois paradoxales. Ainsi, alors que le trafic routier est en forte baisse, il ne semble pas que l’on soit plus en sécurité sur la route. En fait, on note même un net relâchement du comportement des automobilistes. 

Tout d’abord la mortalité routière a beaucoup baissé au mois de février 2020 avec -12,6 %. Ensuite le trafic routier a fortement diminué. On l’a évoqué la semaine passée, la consommation de carburant est en chute de 80 % ! Ce qui démontre l’ampleur de la baisse du trafic. 

Un taux de congestion en région parisienne passé de 78% à 9%

On a des chiffres précis sur cette baisse. Le taux de congestion, mesuré par TomTom en région parisienne est passé de 78 % aux heures de pointe à la même période en 2019 à 9 % aujourd’hui. C’est la même chose dans toutes les grandes agglomérations françaises, même si la baisse est 2 fois moins importante à Marseille… Et ce qui est valable en France est aussi valable à l’étranger. 

Avec une circulation presque totalement à l’arrêt on devrait donc être plus en sécurité sur les routes. Et pourtant ce n’est pas le cas. Tout d’abord la crise sanitaire peut avoir un effet de stress sur les conducteurs. Ceux qui sont obligés de prendre la route le font pour aller travailler et ils sont fatigués et/ou pressés.

C’est particulièrement vrai pour les professionnels de la route qui ont des cadences importantes pour arriver à effectuer les livraisons en temps et en heure. Leur conduite est donc moins fluide comme cela a été démontré par des applications qui mesurent l’éco conduite. Et ça c’est générateur d’accidents ! 

Certains se croient sur un circuit vide

Il y en a aussi certains pour qui une route vide s’apparente à un circuit de vitesse. C’est effectivement très préoccupant. Depuis le début du confinement, les gendarmes notent une recrudescence des très grands excès de vitesse. Par exemple, un automobiliste de 28 ans a été flashé à 252 km/h sur la rocade de Bordeaux samedi 28 mars. L’endroit est limité à 90 km/h !

Dans chaque région, les forces de l’ordre enregistrent chaque jour des dizaines d’excès de vitesse de plus de 50 km/h au-dessus de la limitation, ce qui représente une augmentation de 16 %. 

Il y a pourtant plus de contrôles de police sur la route, mais ces chauffards pensent sans doute que les radars ont été rangés au placard, ce qui n’est pas le cas. Cependant, il est vrai que beaucoup de contrôles sont dédiés à la vérification des attestations de déplacement dérogatoire. Et d’ailleurs, lors de ces contrôles, les forces de l’ordre ont également noté que les gens roulaient plus vite. 

Au final, ce relâchement va induire quoi ?

Tout d’abord, le nombre de morts sur les routes ne va pas diminuer autant que ce qu’on pouvait espérer. Certes, il y aura moins de morts en valeur absolue au mois de mars, mais il y aura sans doute plus de morts par km parcouru.

Ce relâchement risque surtout de saturer encore un peu plus les hôpitaux qui ont déjà beaucoup de travail avec la gestion de la crise du Covid 19. Tous les chauffards devraient avoir présent à l’esprit au moment où ils montent dans leurs voitures que c’est sans doute la plus mauvaise période pour se retrouver en réanimation à l’hôpital.

Jean-Luc Moreau avec J.A.