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"Nous allons rester au bord de la route": le désarroi d'un petit entrepreneur

À Saint-Zacharie dans le Var, l'entreprise de Jean-Philippe Brun, déjà en redressement judiciaire avant la crise sanitaire, est désormais au bord du gouffre.

Jean-Philippe Brun dirige avec sa compagne une entreprise familiale de transports par autocar qui est en redressement judiciaire depuis un an et demi. Et il craint la faillite à très court terme:

"Nos principaux clients étaient les supporters de l'OM, le port de Marseille, les croisiéristes. Il n'y en a plus, nous sommes à l'arrêt complet. Aucun revenu depuis mi-février. Nous avons demandé un découvert autorisé à notre banque mais nous n'avons toujours pas de réponse. Nous voulons solliciter un prêt garanti par l'Etat, mais vu notre situation de redressement judiciaire, ça sera certainement refusé, donc ce sera une liquidation de l'entreprise. Nous allons rester au bord de la route, les oubliés".

"J'en appelle aux banques pour débloquer les fonds"

Pour bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat, il faut que les banques avancent l’argent dans un premier temps. Et c’est ce qui tarde un peu à venir, selon Lionel Canesi, président de l’ordre des experts comptables en région PACA: "Le prêt garanti par l'Etat, c'est le dispositif majeur pour qu'on puisse passer la crise et préparer l'après crise. On est en guerre, il faut que les banques abandonnent leurs habitudes administratives en demandant beaucoup de documents. Pendant la guerre, on doit aller au plus vite. J'en appelle aux banques pour débloquer les fonds. Nous devons aller très vite pour sauver les entreprises".

Des prêts garantis par l’Etat dont le montant peut aller jusqu’à 25% du chiffre d’affaire annuel d’une entreprise.

Lionel Dian (avec P.B.)