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"Nous poussons un cri d'alerte": les professionnels de santé atterrés du nombre de masques de la grande distribution

Différents ordres de professionnels de santé ont réagi à l'annonce de la mise en vente au grand public des masques dits "chirurgicaux".

Alors que la grande distribution s'apprête à vendre à partir de lundi matin ses premiers masques, la polémique enfle. Plusieurs ordres de professions médicales, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens ou les sages-femmes dénoncent des "profiteurs" qui vont vendre ces masques alors que de nombreux soignants ont des difficultés pour s'en procurer.

Ils demandent des comptes au gouvernement. De son côté, la Fédération du Commerce et de la Distribution qui regroupe la plupart des enseignes de la grande distribution, a réagi dénonçant des propos outranciers et diffamatoires.

"Les professionnels de santé ont vraiment besoin de ces masques en quantité et qualité suffisante"

Elle assure que l'Etat a donné l'autorisation de vente de ses masques qui n'interfère pas sur les stocks des soignants. "On a sécurisé 170 millions de masques dits chirurgicaux", avait auparavant déclaré le président du géant du secteur, Michel-Edouard Leclerc, sur RMC jeudi. Mercredi, le patron de Carrefour Alexandre Bompard avait affirmé sur BFMTV qu'ils en avaient 225 millions de masques, dont 175 millions qui sont des masques dits chirurgicaux.

Si les soignants expliquent craindre la pénurie des masques chirurgicaux, la grande distribution assure que les filières d'approvisionnement sont différentes.

Ces ventes de masques chirurgicaux en grande distribution sont une aberration selon l'avis de nombreux soignants comme Patrick Chamboredon, président de l'ordre des infirmiers, qui craint une pénurie.

"Nous poussons un cri d'alerte en voyant les quantités annoncées. Tout ce que nous souhaitons c'est de rappeler que les professionnels de santé ont vraiment besoin de ces masques en quantité et qualité suffisante."

"Il faudrait sans doute que ces ordres rectifient leur message car ils ont mal compris"

Cette polémique est indigne, selon Jacques Creyssel qui dirige la Fédération du Commerce et de la Distribution. Il assure que ces ventes de masques n'empêcheront pas les soignants de s'en procurer.

"Il faudrait sans doute que ces ordres rectifient leur message car ils ont mal compris. Il n'y a pas de stocks cachés. Ce qui a été demandé c'est d'acheter des masques en plus de ceux destinés aux soignants afin de faire en sorte que le déconfinement du 11 mai se passe le mieux possible."

Les grandes surfaces promettent que les masques vendus à partir de lundi le seront à prix coûtant ou avec une très faible marge.

Nicolas Ropert (avec J.A.)