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"Objectif Terre": la pollution tue bien plus que le coronavirus

On parle bien sûr beaucoup du coronavirus. Mais des chercheurs rappellent qu’il existe une autre pandémie beaucoup plus insidieuse, celle de la pollution de l’air.

Une pandémie de la pollution de l’air, qui tue plus que le tabac, plus que le Sida ou que les guerres. C’est la conclusion d’une nouvelle étude européenne. La pollution serait responsable de 8,8 millions morts par an dans le monde, ce qui en fait le principal risque à l’échelle de la planète. C’est le double de ce qu’on pensait jusqu’à présent. Et ca veut dire qu’à cause de la pollution, on perd en moyenne 3 ans d’espérance de vie.

Pour les chercheurs, il faut bien parler de “pandémie” puisque la pollution a un gros impact sur la santé publique et que c’est un phénomène mondial. Elle tue 19 fois plus que le paludisme, 9 fois plus que le Sida et presque 3 fois plus que l’alcool.

Les trois quarts des personnes qui meurent à cause de la pollution de l’air ont plus de 60 ans

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. L’Asie est le continent le plus touché. En Inde, dans l’Uttar Pradesh, la pollution aux particules fines réduit l’espérance de vie de 8 ans et demi.

La France n’est pas la plus exposée, mais compte quand même autour de 67.000 morts par an à cause de la pollution. Ce sont les personnes âgées les plus vulnérables. Les trois quarts des personnes qui meurent à cause de la pollution de l’air ont plus de 60 ans.

Quels sont les effets de la pollution sur la santé?

Concrètement, la pollution de l’air endommage les vaisseaux sanguins, ce qui entraîne une hausse de la pression artérielle, du diabète, des AVC ou des crises cardiaques. Jusqu’à présent les risques de maladies cardio-vasculaires avaient été sous-estimés, les scientifiques se concentraient sur les cancers du poumon qui ne représentent finalement que 6% de la mortalité du à la pollution de l’air.

Pourtant ça pourrait bien être évité. Pour les chercheurs, rien que si on remplaçait les combustibles fossiles par des énergies propres, on gagnerait un peu plus d’1 an d’espérance vie, 5 millions 500 mille vies pourraient comme ça être épargnées tous les ans.

Géraldine de Mori (avec J.A.)