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Odeurs, toilettes bouchées, désinfection, eau potable: les conditions "indignes" de gardes à vue pointées du doigt

Entre novembre 2020 et juillet 2021, Dominique Simonnot a visité 17 commissariats de police à Paris, en Ile-de-France et en régions.

"Indignes". La contrôleure générale des lieux de privation de liberté Dominique Simonnot a émis mardi six recommandations pour améliorer les conditions de garde à vue dans les locaux de la police, dénonçant leur "totale indignité" en période de crise sanitaire.

Entre novembre 2020 et juillet 2021, la contrôleure a visité 17 commissariats de police à Paris, en Ile-de-France et en régions pour s'assurer que les conditions matérielles d'accueil des personnes privées de liberté respectaient les prescriptions gouvernementales liées à l'épidémie du Covid-19.

Les conclusions, publiées ce matin au Journal Officiel, sont terribles: "l'accumulation de crasse", les odeurs pestilentielles, des toilettes régulièrement bouchées, des matelas jamais désinfectés, un accès difficile à l'eau potable.

"Accumulation de crasse"

Ce rapport dénonce également des cellules trop petites: jusqu'à 6 personnes gardées à vue dans 5 m². La plupart devant ainsi dormir la nuit à même le sol.

Dans ses recommandations transmises au ministère de l'Intérieur, Mme Simonnot enjoint l'administration à se doter de locaux de garde à vue et de retenue "dimensionnés en proportion de l'activité judiciaire" et "maintenus dans un bon état d'entretien, de maintenance et d'hygiène", tout en assurant l'accès "en permanence" à des nécessaires d'hygiènes remis "sans restrictions". 

La réponse cinglante du ministère

Réponse ce matin du ministère de l'Intérieur, qui conteste. Dans sa réponse, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a rejeté le terme de "totale indignité" retenu pour qualifier les conditions d'accueil dans les commissariat, la jugeant "trop catégorique et trop générale" et fondée "sur la visite d'un nombre limité de locaux". Comprenez: 17 commissariats visités sur près de 650 en France, c'est trop peu pour tirer des conclusions.

L'obligation de traiter avec dignité les personnes gardées à vue est "rigoureusement respectée dans l'immense majorité des situations", a-t-il assuré, reconnaissant néanmoins "qu'il existe des locaux, rares toutefois, dont la situation matérielle n'est pas satisfaisante". 

Le ministère rappelle aussi qu'un plan d'amélioration de ces locaux de garde à vue est actuellement déployé, et ce jusqu'en 2024, pour un montant de près de 15 millions d'euros.

La rédaction de RMC avec AFP