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“On a découvert une trentaine de mutations": pourquoi le variant Omicron inquiète particulièrement

Cette nouvelle mutation, identifié en Afrique du Sud ou le nombre de cas explose, a été détectée en Suisse, en Grande-Bretagne, Danemark, Canada ou encore en Belgique.

Jamais un variant n'avait provoqué autant d'inquiétude dans le monde depuis l'émergence de Delta, déjà très contagieux. Le nouveau variant Omicron du coronavirus présente "un risque très élevé" au niveau mondial, a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la santé, et le G7 réunit en urgence ses ministres de la Santé à Londres sur la question.

La liste des pays où Omicron est détecté ne cesse de s'allonger, notamment en Europe, après des premiers cas repérés en Afrique australe courant novembre, poussant de nombreux Etats à suspendre les voyages vers cette région et instaurer des restrictions préventives.

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Ce qui inquiète, c'est que ce variant Omicron ne ressemble pas du tout aux précédentes souches qui se sont répandues en Europe.

“On a découvert une trentaine de mutations. On a déjà découvert certaines de ces mutations sur d’autres variants mais c’est le rassemblement de ces mutations qu’on avait jamais vu sur ce type de souches”, affirme Yves Coppieters, épidémiologiste.

Le vaccin toujours efficace?

Ces mutations pourraient rendre Omicron plus contagieux que tous les autres variants. Les scientifiques espèrent en apprendre plus sur sa contagiosité d'ici deux à trois semaines.

"A ce jour, aucun décès associé au variant Omicron n'a été rapporté", souligne l'OMS dans un document technique publié lundi. Mais "étant donné les mutations qui pourraient conférer un potentiel d'échappement à la réponse immunitaire tout comme possiblement donner un avantage en termes de transmissibilité, la probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial est élevée". L'organisation, qui craint "de futurs pics de Covid-19", avait dès vendredi classé le variant "préoccupant", les données préliminaires suggérant qu'il présente "un risque accru de réinfection", ce qui prendra "plusieurs semaines" à vérifier. La pandémie a fauché plus de cinq millions de vies dans le monde depuis son apparition fin 2019 en Chine. 

En attendant, il faut prendre des précautions, reconnaît l'épidémiologiste, mais sans céder à la panique. “Contamination ne veut pas dire forme clinique grave. Ça pourrait aussi être une mutation qui va dans un sens positif entre guillemets. Calmement il faut voir et analyser la résistance de ce virus”, insiste-t-il.

Jamais un variant n'a provoqué autant d'inquiétude dans le monde depuis l'émergence de Delta. Des chercheurs ont réalisé une image en 3D d'Omicron, une sorte de cartographie et ce que ça révèle c'est que ce variant présente beaucoup plus de mutations que le Delta, ça ne veut pas dire qu'il est plus ou moins dangereux mais ça veut dire que le virus s'est encore adapté à l'espèce humaine, qu'il a trouvé une nouvelle façon d'entrer dans nos cellules en fabriquant un autre variant.

Quels sont les symptômes d'Omicron ?

Pour le moment qu'on soit vacciné ou pas, ils seraient légers. Selon la présidente de l'Association médicale sud-africaine, les personnes infectées seraient très fatiguées pendant au moins un ou deux jours avec des courbatures une toux sèche et la gorge qui gratte. Seulement quelques une avaient un peu de fièvre et à priori pas de perte de goût ni d'odorat. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de forme grave avec ce variant. 

Analyser aussi sa résistance aux vaccins car les nombreuses mutations de ce variant peuvent changer la donne, explique le virologue Christian Bréchot.

“C’est à la fois le nombre et puis les mutations importantes sur l’enveloppe du virus qui sont importantes pour la reconnaissance du virus par le système immunitaire. On ne peut pas prédire. On saura uniquement quand on fera des tests”, indique-t-il.

Déjà des tests sur les vaccins

Des tests ont déjà été lancés par les laboratoires. Pfizer, par exemple, attend des résultats d'ici deux semaines pour savoir si son vaccin est efficace contre ce variant.

Astrazeneca, Moderna, Novovax de leur côté se disent confiants. La technologie de l'ARN messager par exemple serait facilement modifiable d'un variant à l'autre. Sandrine Sarrazin, chercheuse en immunologie à l'Inserm explique chez nos confrères du Parisien qu'à partir du moment où le virus a été identifié, que son génome a été décodé, il ne reste plus qu'à fabriquer le nouveau morceau d'ADN ou d'ARN qui correspond au variant. En clair, c'est une version modifiée du vaccin initial. C'est pour ça que ça peut aller vite et qu'une nouvelle formule peut être trouvée en quelques semaines. 

Pour Eric Caumes, chef du service de maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de La Pitié Salpêtrière, "on va arriver progressivement à une immunité". Cependant il appelle une nouvelle fois le plus grand nombre à aller se faire vacciner, y compris pour les doses de rappel. 

"On ne sait pas si le vaccin est efficace contre ce variant, mais en boostant l'immunité avec le rappel, on va mieux lutter. On a découvert que le vaccin ne protégeait pas tant que ça du "portage", mais très bien contre les formes graves, donc il faut se vacciner", insiste-t-il. 
Martin Bourdin avec Guillaume Descours