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"On est considérés comme des pestiférés": pourquoi les routiers sont appelés à exercer leur droit de retrait en plein confinement

Trois syndicats appellent les chauffeurs routiers à exercer leur droit de retrait alors que les conditions de travail des conducteurs, toujours sur les routes de France malgré le confinement, se dégradent.

Les chauffeurs routiers qui continuent d’arpenter les routes de France en période de confinement, sont appelés à exercer leur droit de retrait dès ce lundi. Trois syndicats, la CFDT, FO et la CFTC, dénoncent des conditions de travail et des "manquements" face aux consignes et mesures de protection contre l'épidémie de coronavirus.

Stations-services et douches fermées, rien à manger sur les aires d'autoroutes, sans parler des livraisons à effectuer sans masques ou sans gants... Au volant de son camion, Jean-Christophe enrage.

"Je n’ai pas pris une douche de la semaine. Parfois on est considérés comme des pestiférés. Quand on arrive on nous demande de livrer et de repartir immédiatement. On ne touche plus nos carnets, on nous laisse dehors parfois même quand il pleut. Le soir, le moral n’y est pas toujours", explique-t-il au micro de RMC.

400.000 conducteurs sur les routes de France chaque jour

Pour tenter de calmer la colère des routiers, le gouvernement a déjà pris plusieurs mesures, notamment l'obligation d'installer des points d'eau avec du savon sur chaque lieu de déchargement. Mais ce n'est pas encore suffisant estiment les principaux intéressés:

"Nos clients industriels, petits, moyens ou grands, doivent pouvoir fournir du gel hydroalcoolique à nos conducteurs mais également les accueillir dans des conditions décentes en leur permettant d’avoir accès aux sanitaires, c’est le minimum indispensable", réclame Jean-Marc Rivéra, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers.

Même s'ils dénoncent leurs conditions de travail, certains chauffeurs prendront quand même la route ce lundi matin. "On a besoin de nous" dit l'un d'eux qui ne veut pas créer de pénurie dans les magasins.

La semaine dernière, FO avait lancé, avant de le lever, un appel au droit de retrait à partir du 23 mars pour les salariés du transport routier et de la logistique dits "non-essentiels". Il y a environ 400.000 chauffeurs routiers tous les jours sur les routes en France

Paul Barcelonne (avec Guillaume Dussourt)